ATTENTAT. — ATTENTE
(Id., ihicL, III, 9.) — Au point ilu jour, \c roy mon mari dit qu'il vouloit aller jouer à la paume, aiiendani que le roy Charles fust éveillé. (Maug. de Val., Mém , 1573.) — Pour jjaigner temps, atiendain que leurs forces poussent estre prestes. (Le», miss, de Henri IV, t. iir, p. 83.)— Anémiant qu'on nous apportas! à desjeuner, nous achevions, Cliliphon et moy, de rapaiser la fougue de nostre nou\cau soldat. (Thiîoph. , Frwj. d'une liisi. coin., iv.)
Ailendani que ton fils, instruit par ta vaillance.
Dessous les étendards sortant de son enfance.
Plus fortuné que toi, mais non pas plus vaillant,
Aille les Ottomans jusqu'au Caire assaillant. (Rég.nieh, Epist., \.)
Je me suis dans le bois arrêté pour lui rendre
Le dernier des devoirs, en recueillant sa cendre,
Ailendani qu'en ce temple un tombeau plus pompeux
Reçoive avec honneur ce dépôt douloureux. (Le Mieu., Ter., ii, 2.)
Qu'on rôle de mes yeux, ailendani que ma haine
Par l'arrêt qu'il mérite ait résolu sa peine. (Th. Cor.n., Darius, v, 3.)
Ailendani qu'en ces lieux j'obtienne une couronne,
11 m'est doux que l'amour par vos mains me la donne.
(Id., Persée ei Déméir., v, 3.)
Yovez notre article iwrticipe présent employé pour le gérondif.
ATTENTAT, f.mre un attentat srn , en parlant d'une chose morale , entreprendre sur :
Tout son peuple a des yeux pour voir quel aitenlai
Fonlsnr le bien public les maximes d'État. (iN'j'ccm., m, 2.)
Et leur guerre est trop juste, après cet attentat
Que fait sur leur grandeur un tel crime d'Étal. {Ibid., v, 1.)
El la foi qui ne lient qu'à la raison d'État,
Souvent'n'est qu'un devoir qui gène, tyrannise,
Et fait sur tout le cœur un secret attentai. {^gés., m, 3.)
Le frère du grand poète a dit par imitation :
Je sais que plus le rang approche des couronnes,
Plus sa fière grandeur asservit nos personnes :
Mais je ne sais pas moins quel injuste attenlat
Fo)it souvent sur nos cœurs ces maximes d'État. (T. Corn., Maxim., ii, -i.)
ATTENTE , avec le pluriel :
Scipion vient, seigneur, d'arriver dans vos tentes,
Ravi du grand succès qui piévient ses attentes. {Sophon.. iv, L)
— 1,'attente du repentir, l'espoir du repentir :
Rien ne t'en sauroit garantir;
Et la foudre qui va partir,
Toute prêle à crever la nue,
Ne ]>eut plus être retenue
Par Vaiieute du repentir. [l'vl , iv, 2.)
Airi-NTER. — ATTITRÉ. 6»
ATTENTER jisoi'a ^uii inliiiilif , porter ses attentats jusqu'à:
Mais si vous allaitez ius({uà nio commander,
Jusqu'à prendre sur moi quelque iiouvoir de maître,
Je me souviendrai lors de ce que je dois être. {Œil., i, 1 )
— ATTENTER A, suivi (l'iiii iiiliiiilir, tenter, essayer présomp-
lueuscment, témérairement de :
Et je serais coupaLlc autant cinnmc indiscret,
Moi qui ne suis que terre et fange, B'uUenler à comprendre un si profond secret. {Imit., iv. 4.)
Les yeux même de tout un monde,
En un seul regard assemblés,
De tant de lumière aveugles
Renlreroient sous la nuit profonde :
Ils ne pourroient pas subsister
S'ils aitetttoietti à supporter
Des clartés si hors de mesure. (Ihid., c. xi )
— ATTENTER, employé activement, entreprendre (juelque «liose d'audacieux :
Un désespéré qui peut Xoul attenier, {Pol., m, 1.)
Et si ma main pour vous n'avoil tout altenté,
L'eiïet de cet amour vous auroil tout coûté. {[todofj., ii, 3.)
Ce ne sont que deux criminels, qui cherclienl à éviter la punition de leurs crimes, et dont même le premier en ailenie de plus grands pour mettre à couvert les autres. (Exam. de Clii.)
On trouve jusqu'au dix-liuitième siècle des exemples de cet «■mploi si naturel et si nécessaire de attenter actif :
Jl ne permettra ny commandera à l'advenir qu'il soii atwmpié et entrepris contre vous, tant en général qu'en particulier, chose qui nous soit désagréable. {Lell. miss, de Henri IV, t. v, p. -210.)— (Ju'y aura-t-il désormais que les hommes ne veuillent sa\oir? et que n'aiteiiicta pas leur témérité? (Boss., IV Serm. pour le prem. dim. de car., m.) — Tout droit doit venir de l'autorité publique, sans qu'il soit permis de rien envahir, ni de rien ulieiiier par la force. {Polit. ,\.\, art. 3.) Ëgislhe, contre toi qu'aioH?-nous attenté? (Volt., Oreste, iv, 7.)
ATTIEDIR, lig., commo refroidir :
Nous laissons attiédir son inipuissante ardeur. {Imit., i, 11.)
Mais encore une fois souiïrez que je vous die
Qu'une si juste ardeur de\roit être attiédie. (Cin., i, 2.)
ATTITRE, i \ iiit.MMi: AiTiTiti':, un Immine aposté, un homme payé poiu' jouer un certain rùlc, à peu prés eomiue on dit un témoin attitré :
Quoi , je passe à tes yeux [tour un homme attitré ! [ Perth.. i ii , 1.)
On trouve d'une manière analogue:
Il ovoxt cv(i'' lors pratiqué et attitré par les capitaines du roi des Parihes, avec