‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 51 sur 253 · AUCUN. — AUCUNEMENT · texte numérisé non relu

AUCUN. — AUCUNEMENT

lesquels il avoit intelligence, pour abuser Crassus. (Amyot, Vies, Crassus )— Ils althrerenl un messager qui apporta des lettres fausses et supposées à Sertorius , par lesquelles ils feignoieiil que l'ung de ses lieutenants lui avoit gagné um' grosse bataille. (Id., ibid., Sertorius.)

AUCUN, dans le sens premier de quelque, sans négation :

Pour vous elle renonce à choisir aucun autre. [Pulch., m, 4.)

— AUCUNt: CHOSE, quelque chose, ou rie)i, dans la signification positive :

Et si l'un par bonheur à Galba vous propose,

Ce n'est pas qu'après tout j'en sache aucune chose. [Oih., i, 1.)

— AUCUNS, '^oxxv aucun :

Aucuns ordres ni soins n'ont pu le secourir. (Pomp., v, 5.)

Lorsque tu te verras ces privautés permises, Tu pourras l'assurer que nos contentements Ne redouteront plus aucuns empêchements.

{Clit., V, 3, l"' éd. jusqu'à 1644 inclus.) 3Iais l'honneur de vous voir que vous me permettez, Fait que je n'y remarque aucunes raretés. {La Veuve, i, 5.)

Vous ne lui disiez pas que son amour vous charme? Qu'aucuns feux à vos feux ne peuvent s'égaler? [La suite du Ment., iv, 6.) Il ravage, il désole et nos champs et nos villes,

Et contre sa fureur il n'est aucuns asiles. {Awlrom., i, 1.)

Cependant son espoir à mon trône attaché,

Par aucuns de nos soins n'en peut être arraché! [Pcrtli., n, 3.)

J'étois auprès de lui, sans aucunes alarmes. {Œd., v, 9.)

Et quand nous n'en craindrons aucuns ordres sinistres, Nous périrons par ceux de ses lâches ministres. [Sert., iv, 3.)

Non que pour moi sans vous ce trône eiHaucu)ts charmes. [Oth., iv, 1 1

N'épargnez hautbois ni trompettes, Pour lui faire à l'envi des concerts plus charmants : Employez-y clairons, harpes, luths, épinettes.

N'oubliez aucuns instruments. [Trad. du Ps. cl.)

Le singulier serait aujourd'hui de rigueur; le pluriel employé par Corneille ne viendrait même pas à la pensée. On le rencontre quelquefois au dix-septième siècle en prose comme en vers, et l'un en trouve encore de rares exemples au dix-huitième siècle :

.... Mais si, pour être sage, Il falloit contracter une humeur si sauvage,

La sagesse à mes yeux n'auroit aucuns appas. (Dest., Les PItil. am., 1,3.) Que le cœur par les sens ne goiîle aucuns plaisirs Qui puissent pleinement contenter ses désirs. ^Id., ibid.)

AUCUNEMENT, en quelque chose :

L'Académie dit qu'il s'employait sans négation en style de

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