‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 60 sur 253 · M BASSESSE. — BATIR · texte numérisé non relu

M BASSESSE. — BATIR

— i:\vuvEU Tui T A BAS, jctei" tout ù terre :

J'enverrai tout à bas, puis après on verra. [Gai. dn Pal., iv, 1-2.)

BASSESSE, condition humble, sans aucune idée de bassesse morale .

Votre grand Marias naquit dans la bassesse. [Sertor., ii, 2.)

Ciel! n'est-ce point ici quelque songe tout plein de gloire dont les dieux me veuillent flatter? cl quelque réveil malheureux ne me replongera-t-il point dans la bassesse de ma fortune? (Mol., Les Amants marjtiif., v, 3.)

— BASSESSE, avec le plur., en parlant de style, d'idées :

La lecture fera prendre mes naïvetés pour des bassesses. (Mél., au lect.)

BASTANT DE , suivi d'un infinitif, capable de .

Adieu, des raisons de si peu d'importance

N'ont rien (jui soil bastaitt d'ébranler ma constance. [Mél-, \j 6, éd. 16.33.)

Aux éditions suivantes, Corneille supprima le vieux mot hantant, et mit :

Ne pourraient en un siècle ébranler ma constance.

Cet emploi se trouve une seconde fois dans une autre comédit; de notre poëte :

Me croyez-vous bastmn de nuire à votre feu? [L'illus. corn., ii, 7.^

Dans les éditions postérieures à 1 654, Corneille a encore change'; ainsi :

Me prenez-vous pour homme à nuire à votre feu?

L'adjectif ôas^GW^, dont l'usage était si fréquent au seizième siècle, a été encore usité longtemps après Corneille. Saint-Simon en affectionnait l'emploi, comme de tant d'autres mots du siècle. H l'applique souvent aux personnes, et le fait suivre de pum- :

Louville, avec M'"^ de Maintenon, n'était pas bastant pour être de la conférence. (Sr-SiMON, Mém., t. m, ch. 20.) — Outre qu'elle ne voyait et ne savait pas tout, elle n'élaitpas basianie pour arrêter et gouverner les autres. (Id., ibid.,t. vu, ch. il. } — Mais que pour ce qui regardait les prétentions romaines et en particulier la proposition touchant l'excommunication, j'avais la prétention de me croire bastant pour lui dire que ces endroits de la constitution étaient insoutenables. (Id., ibid., t. XI, ch. 6.)

BATIR EN l'air sur, absol., fonder des espérances vaines sur:

Et, bâtissant eii l'air sur le malheur d'autrui,

.\ussi bien que mon frère il triomphe de lui. (Hor., iv. 4.)

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