BATTRE. — BEAUTÉ
BATTRE. D.VTTHK UN SENTIER, lo fravcr :
.... Ainsi de ses vertus, Dont brillent les setiiicr.i qu'il a pour nous 0011111, Los rayons toujours vifs montrent comme il faut vivre. 'Imii., 1, 1.)
On a dit d'uno iiianiôre analogue :
Nous n'avons nouvelles que de deux ou trois anciens, qui uyciti buiiu ce cliemin. (Mo.NT., Esa., 11,6.)
— fi.^TïHK LES ii.MSONS DE orELOiî' UN, fig., los réfuter
Et montre cependant des grâces peu vulgaires
A ùatlre ses raisons par des raisons contraires. {La Suiv., iv. vi.)
BEAU. DANS LE PLUS BEAU DE LEUR CARRIÈRE, aU poillt le
plus brillant de leur existence :
Combien en trompe un tel espoir!
Et combien en laisse-t-il choir
Dans le plus beau de leur carrière! hun., t, 23.)
On a dit, peu différemment, en poésie, et même en prose :
Il faut au plus beau de nos ans
Cueillir les fleurs de la jeunesse. (St-Ëvkem., Stances )
Et ne ménageons plus de tristes bienséances
ijui nous ôtent les fruits du plus beau de nos ans. (Mol., Psyché, 1, 1.)
Jamais un mot de réllexion sur la cruauté de sa destinée, qui l'enlevoit dans
Je plus beau de son âge. (.M'" de Laf., Ilisi. d'Ileurieite d'.\nijle(., 4>-' p., année 1070. J
— TOUT REAU, façon de parler adverbiale employée dans le style noble :
Toni beau, Pauline : il entend vos paroles, Et ce n'est pas un Dieu comme vos dieux frivoles. [l'ol., iv, 3.)
BEAUTÉ, au plur., en parlant de la beauté d'une femme, comme on dit les charmes, les appas :
Ne l'inquiète point pour une écervelée,
Qui n'a d'autre ambition que d'être cajolée.
El rend a plaindre ceux qui, flattant ses beanti't.
Ont assez de malheur pour en élrc écoutés. , Wt!/., m, 4.)
Bélinde et Chrysolile Manquent donc à ton gré d'allrails et de mérite, Elles dont les beautés captivent mille amanls? [La Veuve, 1 fy.)
Jusque-là les beautés ont possédé ses vœu.x :
.Mais l'amour d'Alidor faisoit laire ses feux. /'/. Hoij., v, 7.)
Mais l'empire inhumain qu'exercent vos beautés
Force jusqu'aux esprits el juscju'aux volontés. iCinna, m. 1.)
Le sort, qui jusqu'ici nous a donné le change.
Immole a ses beautés le monstre qui nous venge. {Androm., m, 4 )
88 BENIiN. — BIEN.
Le di\-septitMiie siècle employait lrès-fré(iueinineiit beauté au pluriel dans le même sens que le singulier, en prose comme en poésie :
Ses vertus ne la font point régner plus sagement que ses bcauiéi la font régner (le bonne grâce. (Malh., Ltit., à la princesse de Conli, -29 mars 1014.^ J'ciilcnds de tous côtés
Publier vos vertus, seigneur, cl ses beautés. (Kac, lierai., ii, 2.)
C'est faire à vos beautés un tiistc sacrifice,
Que de vous présenter, madame, avec ma foi,
Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi. (Id., Hliilir., m, 5.) Celuy-cy espris des bcautez de Blanche, mesme du vivant de Louis VIII, voyant qu'elle se moquoit de sa folie, s'estoit rangé par dépit avec ses ennemis. (MÉz., Hisi. de France, Blanche, reine de France, 1523.1 — Le duc d'Anjou, s'imaginant tout d'un coup que ce qui faisoit sa rêverie pouvoit bien causer celle du duc de Guise, lui demanda brusquement s'il pensoil au.v beautés du la princesse de Montpcnsier. (M"^ de Laf., Lelt., à la princesse de Monip.) — 11 lui répondit en riant qu'il paroissoit lui-même si occupé de la rêverie dont il l'accusoil, qu'il n'avoit pas jugé à propos de l'inteirompre; que les beautés de la princesse de iMontpensier n'éloient pas nouvelles pour lui; qu'il s'étoit accoutumé à en supporter l'éclat du temps qu'elle étoit destinée à être sa belle-sœur. (Id., ibid.) — ijuoiqu'elle approchât alors de soixante ans, elle étoit encore aimable, et, sans tlatlerie, on pouvoit dire qu'elle avoit encore de grandes beautés. (M"" de Mot- TEV., Mém., 1661.)
BÉrs'lN, adj., doux, favorable, employé dans le style noble :
Des dieux les moins bénins l'éternelle puissance
Ne veut de nous qu'amour et que reconnoissance. [Amlio,»., iv, 0.)
Toutes ont hors des flots paru presque à l'instant,
Et leurs bénins regards envoyés au rivage
Avecque notre encens ont reçu notre hommage. {Ibid., v, 3.)
BIEN, avantage, avoir, donner le bien de, avoir, })rocurer l'avantage de :
Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise
Combler nos ennemis d'un mortel désespoir,
Et me donner bientôt le bien de vous revoir! [!iléd.x\ iv, 5.)
Et pour vous imiter, je veux avoir le bien
//être aussi la première à vous offrir le mien. [Titeei Bcr., m, 3.)
— LAISSER LE BIEN DE, laisser l'avantage, le boidieui' de :
Ah! redouble plutôt ce dédain qui me tue,
El laisse-moi le bien d'expirer à ta vue. Gai. du Pat , ii. 8.)
— Et encore dans le même sens :
Trop heureux que mon sang puisse le satisfaire,
le le veux tout donner au seul bien de te plaire. [La Vcuie, m. \j-)
— BIEN QUE, quoique, séparé en deux par plusieurs mots :
Bien, dit-il, que je touche à la fln de mes jours,
Vous n'avez pas en vain amené du secours. [Potnp., i, 1.)
BIENSEANCE. — RLAME. 89
Cet omj>loi n'ost i)as frcMiucnt, et on en trouve eepciidaiit des cxcinplcs dans de bons auteurs jusqu'à nos jours :
(Caroline sulliciUiit sans cesse pour Mural, leciuel, loul léger qu'il (•lait, jiayail du moins les bienfaits de son beau-frere d'un dcvouenienl qui ne permellail pas d'augurer alors sa conduilo postérieure, bioi, il est \rai, (/(('on doive tout attendre de la légèreté. (Thiehs, Consul, et Emp., 1. xxiv.)
BIENSÉANCE, il est de bienséance, il est bienséant :
Un aveu plus précis est une conséquence
(Jui pourroit vous embarrasser.
Et même à nolie sexe il est de bitmiuitce
De ne pas trop \ous en j)resser. [Agés., i, 2 )
— SORTIR DE L.\ BiE.\sÉ.\i\CE , avec uii noiii de chose pour sujet, être contraire à la bienséance, s'écarter de la bienséance
Le caractère d'Angélique suri du la bienséauci' , en ce ({u'elle est trop amoureuse, et se résout trop tôt à se faire enlever par un homme qui lui doit être suspect. [Exam. de la l'I. Roy.)
BIGEARRE, pour bizarre :
Celte biijearre humeur n'est jamais sans soupçon. {Gui. Un l'ai., m, 4.) Corneille n'a gardé que jus(|u'en 1654 cette l'orme ancienne. BLAME, déshonneur, vivre sans ula.me :
Qu'après ni'avoir chéri quand je vivais sam bldme,
Oui m'aima généreux me hairoil infâme. (/-e <'id, m, 4.)
Coini'ilh sui»priraa cette expression dans h s dernières éditions, et mit :
Que malgré cette part que j'asois en ton àme, Qui m'aima généieux me hairoil infâme.
— .NE JUGER l'Ol.NT itE IJLAME \, lie li'ouver point de blàuie, e'est-ù-dire de crime à :
L'un aveuglé d'amour ucjnijcu pviiil de bldmc
.{ ravir la beauté qui lui ravissoil l'ùme. [l-a Witve, v, 1.)
Le mot hlânu.' était autrefois très-t'ré(pu'mnient emplovc- dans le sens de déshonneur, mauvais renom, honte, turpitude :
l'ar ma foy, Je ne vnulx rien savoir, m.i femme, I)e paour de tniuvir ciuehpie blusine.
(Faire de la Résurr. de Jeu. I.undore.)
M'assurant que Vosire Majesté ne potirroil trouver que très cstranpe, luy estant ce que je suis, et avec le courage (|Ue j'ay, que je passasse snus silence les e.«nornies blasiiusi\onl ils chargent mon honneur. [I.eit. miss, de llcun II, I.v.p. 72, 10 juin 15ÎS.J.;
Et purge mon élat d'infamie et de ultime. (K.vcan, l'saunus. xxix..