‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 79 sur 253 · M 4 CHANGE. — CHANGER · texte numérisé non relu

M 4 CHANGE. — CHANGER

Aux courtisans n'y a point d'amour :

Ils vont au cliamje chaque jour. (Com. de Cliniii., u, 2.)

A quelle autre beauté pourrois-jo aller au change? (Racan, Btrg.,é^\.) C'est par le change Que l'on se venge D'un épou.x qui n'est pas constant.

(Danc, Prol. et divert. nouv. pour Circé.)

— Corneille emploie change pour chaii£;emcnt dans d'autres cas, comme change de nom, ou change absolument :

A l'intérêt du sceptre aussitôt attaché,

Il agit d'autant plus qu'il se croit bien caché,

Et s'ose imaginer qu'il ne fait rien paraître

Que ce change dj nom ne fasse méconnaître. D. Sunche, ii, I.

Puisque chacun, dit-il, s'échauffe en ce discord,

Consultons des grands dieux la majesté sacrée,

Et voyons si ce change à leurs bontés agrée [Uor., m, 2.)

On trouve d'une manière analogue :

Le change des saisons.

(.Malh.. Stances pour Alcandre au retour d'Oronte.^

0 que nos fortunes prospères

Ont un chanychïcn apparent!

0 que du siècle de nos pères

Le nostre s'est fait diiTérent! Id., Odes, 1. 2. Sur l'uiioiie, etc.)

Pour moy, comme une humble brebis,

Je vais où mon pasteur me range,

El n'ai jamais aimé le chajige

Que des femmes et des habits. (Racan, Épigr., à M"'^ Desloges.)

— RENDRE so.N CH.\NGE A QUELQU'UN, commc 011 dit rendre le change :

Xu lieu de la dupei avec ce feint amour,

Elle-même le dupe, et lui rendant son change,

Lui promet un amour qu'elle garde à Florange. ^La Veuve, u, 5.)

Approchez, Liriope, m rendez-lui son change. (Amirovi., ii, 2.)

Dom Pèdre en vint aux reproches et aux menaces. Le roi lui rendit bientôt son change, et lui dit que si'le roi d'Espagne conlinuoil ses attentats, il porteroit le feu jusque dans l'Escurial. (Péuéf., IJist. de Henri IV, 3^ p., 1608.)

CHANGER, act., au mor., faire changer, avec ou sans rég. indirect :

Mais comme avec le temps il pourroil vous séduire,

El vous changeant d' humeur, me forcer à vous nuire,

J'ai voulu vous parler pour vous mieux avertir

Qu'il seroil malaisé de vous en garantir. [Tliéod., ii, 4.)

Oui, l'honneur qu'il me rend ne fait que m'outrager;

Je vous le dis encor, rien ne peut me changer. [Penh., i, I.}

Quoi! madame, la perdre est-ce gagner Placide?

Croyez-vous que sa mort le change ou l'intimide? [Théod., u, C)

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