‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en général (volume 2)Chapitre 87 sur 253 · SE COMMETTRE CONTRE · texte numérisé non relu

SE COMMETTRE CONTRE

Des généraux d'arnu'i', Jaloux de leur honneur et de leur renommée, Ne se commettent poinl contre un aventurier. {[). Sanc.'ie, i, 5.)

— COMMIS .\ (un infin.), cbar^'é de :

.Mais pour la conquérir (la toison d'or; qui s'ose hasarder

lrou\e un alTieux dragon commis a la garder. {La Ton. d'Or, i -l )

<i<».MMUN, SUbst. LE COMMUN DES SATISFACTIONS

Le rang de l'oiTensé, la grandeur de l'offense. Demandent des devoirs rides soumissions

(Jui passent le commun des saii\lactions. [Le Cid, ii 1 )

1;jO compagnie. — COMPROMETTRE.

COMPAGNIE. FOUT bonne compagme, comme en fort bonne compaynie :

Nous y ilevons diner jor; bonne compagnie. [Lu Gai, du l'ai., i, 3.}

COMPARAISON, faihe co.mpahaison, comparer:

Et quand votre mépris en fit comparaison.

Il voyoit mieux que vous que vous aviez raison. {Andrum.. i. 1)

COMPASSER, fig., arranger, régler :

L'admirable rencontre à mon âme ravie,

De voir que deux amants s'entre-doivenl la vie,

De voir que ton péril la tire de danger,

Que le sien le fournit de quoi s'en dégager,

Qu'en deux desseins divers pareille jalousie,

Même lieu contre vous, et même heure a choisie,

Et que l'heureux malheur qui vous a menacés.

Avec tant de justesse a ses temps compassés. (Clit., m, 1.^

On a (lit d'une manière approchante :

El ne pas faire perdre du temps à un amant dont toutes les heures étaient com passées. (St-Sim., Mém., n, 12.)

COMPATIR, abs., comme compatir ensemble :

Une étroite amitié l'un à l'autre nous joint.

Mais enfin nos désirs ne compatissent point. {Attila, i, 3.)

COMPLAISANT a (mi subst.), qui se prête à, suivi de Jnsques à (un intîn.) :

Je n'ai point un esprit complaisant à sa rage,

Jusques à supporter sans réplique un outrage. (Méd., u, i.)

COMPLICE, adj., se rapportant à un nom de chose, un silence

COMPLICE, un silence qui me rend sa complice. C'est Nérine ((ui

parle :

Moi, bien que mon devoir m'attache à son service,

Je lui prêle à regret un silence complice. [Méd., m, 1.)

Complice est employé adjectivement d'une manière très-heureuse dans ces vers d'une muse contemporaine .

J'oubliai de cacher le trouble de mon âme;

11 le vil, et ses yeux, pleins d'une douce flamme,

Pour m'en récompenser l'excitaient tendrement,

Et mon cœur se perdait dans cei enchantement.

Toi-même en souriant contemplais mon supplice

D'un regard à la fois maternel et complice. (Delph. Gay, Ess. poél.)

COMPROMETTRE de, faire un compromis au sujet de :

Comme tout ce qui pari de la plume regarde toute la postérité, maintenant que

COMPTK. — COMITEU. 131

mon nom esl assuré do passer jusqu'à elle dans celle leltre incomparable, il me seroil honleux qu'il y passât avec celte tache et qu'on pût à jamais me reprocher d'avoir compromis de ma réputation. (Le Cid, Avertiss.)

(lOMPTE. AVOIR SON COMPTE, obtenir ce que l'on désire :

Puisque jVjHrni mon compte, il m'importe fort peu

Si la coquette agrée ou néglige son feu. {La Veuve, v, 3.)

— TROUVER SON COMPTE PANS, trouvcr soii profit dans :

Kniin qu'il aime, dupe, enlève, feigne, abuse.

Je trouve mieux que lui mon compte clans sa ruse. (La Yeuve, v, 2.)

— Dans un sens anal., voir son compte :

Ëraste après deux ans n'y voit pas mieux son compte. ()/('/., m, 4.)

— FAIRE TROP DE COMPTE DE, estiiiitT à 1111 ti()|i liaut prix :

Que Votre Majesté, sire, épargne ma honte.

D'un si foible service elle/a» trop de compte. (Le Cid, i, 3.)

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