M PLEUVOIR. — PLUPART
PLEUVOIR, fig., en parlant de l'or qui descend en pluie :
Je sais que Danaé fut son indigne mère,
L'or qui plut dans son sei/i l'y forma d'adultère. {Audrom., iv, 4.)
— PLEUVOIR, fig., en parlant d'argent donné en abondance :
Adieu, de Ion côté si tu fais ton devoir,
Tu dois croire du mien que je ferai pleuvoir. [Le Ment-, iv, 7.)
Si vous vous mariez, il ne pleuvra plus guère. [Ibid., v, 7.)
PLONGER, V. a., lîg. :
Et ce qu'ils ont osé contre leur servitude
N'en a rendu le joug que plus fort et plus rude.
Qu'a fait .Mandonius, qu'a fait Indibilis,
Qu'y plonger plus avant leurs trônes avilis? (Serior.,u. l.|
Plonger leurs trônes plus avant dans la fange de la servitude , image aussi belle que juste dans une pièce généralement négligée.
PLUIE, fig., en parlant d'argent :
Chère amie, entre nous, toutes tes révérences En ces occasions ne sont qu'impertinences, Si ce n'est assez d'une (bourse) ouvre toutes les deux, Le métier que tu fais ne veut point de honteux. Sans te piquer d'honneur, crois qu'il n'est que de prendre. Et que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre, Cette pluie est fort douce, et quand j'en vois pleuvoir, J'ouvrirois jusqu'au cœur pour la mieux recevoir. [Le Meut., iv, tj.) Mettons cette pluie à couvert. {Ibid., iv. 9.)
PLUPART, la plus grande partie, la plupart du bien :
Que cette disgrâce me met hors d'état de faire encore subsister ce fils dans le service, où il a consumé la plupart de mon peu de bien pour remplir avec honneur le poste qu'il y occupe. [Leu.)
Cette locution composée, qui s'écrivait autrefois en deux mots, avec ou sans trait d'union, et remplaçait la plus grande part, usitée auparavant, s'employait dans des cas très-nombreux, en parlant de choses matérielles ou morales, pour signifier la plus grande partie :
... Et dura le passage des gens-d'armes celuyjour, et la plus-part du jeudy. (Oliv. de La Marche, Mém., i, 25.) — Depuis son couronnement il reconquesta Paris, Ponthoise et la plus pan de son royaulme. ;J. Do Clerq, Mém., i, 1.) — Il prie les lecteurs que l'on ne face pas comparaison du stile d'un homme de guerre à l'éloquence d'un excellent orateur qui y avoit employé la plus pan de sa vie. ^Amyot, Vies, J. Cœsar.) — Il estudioit et escrivoit la plus pan de la nuict à la lampe. (Id., ibid., Démosth.) — Un nommé Scipion Brandano, homme de