PORTER
— PORTER EN SOI (jLELQUE HONTE , avoir 611 SOI quehjue chose de honteux :
Accepter de l'argent porte en •>oi quelque houle. [Suite du Meiu., i, -i.)
— PORTER DANS, portei' ù entrer dans :
Je crois qu'un bon dessein dans le cloître te porte .-
Mais un dépit d'amour n'en est pas bien la porte. (La PL Koij., v, 7.)
— PORTER A, avec un nom de chose pour sujet, faire qiion se porte, qu'on se laisse entraîner ù :
Où ne portera point un si juste courroux,
La honte de se voir sans l'empire et sans vous? [Oili., iv, l.'i
— PORTER PLUS HAUT UNE CHOSE, la relever, l'exalter davantage :
Porte, porte plus haut le fruit de ta victoire.
Je t'ai donné la vie et tu me rends ma gloire. i Le Cid. m, 6.)
— PORTER SI HAUT A QUELQU'UN UNE CHOSE QUE, la l'Clever
tellement auprès de lui, la lui vanter à tel point que :
Mais porte-lui si haut la douceur de régner.
Qu'a, cet éclat du trône il se laisse gagner. [Rodo(j., i, 1.1
— Dans un sens analogue, sans régime indirect :
Votre Sparte si haut porte sa royauté
Que tout sang étranger la souille et la profane. (.Agés.., v, 4.)
On trouve à peu près de même dans le §ens de présenter comme une chose excessive :
A la première visite qu'elle en reçut, elle se plaignit du prince de Condé, et fjorta si haut l'outrage qu'il lui avoit fait, que le roy trouva sa haine assez juste pour en être de moitié. (Bours., Le Prince de Condé.)
— SE PORTER A, suivi d'uu substantif :
Nous leur nuisons, ma sœur: hors de notre présence
Elle 5e porterait à plus de complaisance. La PL Roy., t, T.]
— SE PORTER A, suivi d'uu infinitif:
Volage, falloit-il pour un peu de rudesse
Vous porter si soudain à changer de maîtresse? (La Gai. du Pal., v, 4.)
On a dit de même, ou d'une manière analogue :
On cesse de voir avec plaisir certains objets, et l'on se porte à en changer parce qu'on y trouve des défauts. Nicole, £sj., Traité des quatre fins dernières, ni, 10.)
PORTUAIRE. — PORTRAIT. 165
— La ville du Londres se porioii sans peine à faire des avances d'argent. (Pelliss., Hisi. de Louis XIV, m.)
— SE PORTER, pour indiquer la mauirre dont vont les attaires (le ([uelqu'un :
Ainsi de tous cùlés primé par un rival,
Ses affaires sans moi se porieroient J'ori mal. (Lu Veuve, ii, 4.)
J'ay grand regret de ne vous avoir depesché pour Rome dès que je vous en parlay ; car mes affaires s'en feusseni mieulx portées. {Letl. miss- de Henri IV, t. iv, p. tiOT, à M. de Luxembourg, 24 juin 1596.)
PORTRAIRE, fig., peindre, tracer l'image, le portrait de :
Souffre-moi toutefois de tâcher à portraire
D'un roi tout merveilleux l'incomparable frère. {Les Vict.du roi en 1667.)
Sans te gêner l'idée après leur caractère,
Pour les Liun exprimer, tu n'auras qu'à porlraire. [La Poés. u la Peint.)
L'on diroit que les fleurs empruntent du soleil
Le gracieux émail de cet arc sans pareil.
Et qu'elles ont dessein d'en être les figures,
Et de portraire au vif toutes ses bigarrures,
Tant la vivacité des divers coloris
Forme naïvement les beautés de l'iris. {l'oés. div-, Le Presb. d'Hénouv.)
— Part, passé, portrait :
Mais je reviens à vous, en qui je vois portraits
De ses perfections les plus aimables traits. (Lu Veuve, v, 7.)
L'emploi de ce participe passé, qui a tout à fait vieilli, était aussi heureux que celui de l'infinitif :
Les rois ont, entre les grands et inestimables trésors que le ciel répand largement sur eux, les vives images du savoir pouriraictes du seul crayon de leur divinité dans l'âme. (Montaigne, Essais.)
PORTRAIT, subst., employé en parlant d'êtres vivants en Jant qu'images de leur père :
Souffre que mes enfants accompagnent ma fuite : Que je t'admire encore en chacun de leurs traits, Que je l'aime et te baise en ces petits portraits . \Méd., m, 3.)
— PORTRAIT, fig., représentation fidèle :
Le poëme dramatique est une imitation, ou pour en mieux parler, un portrait des actions des hommes, et il est hors de doute que les portraits sont d'autant plus excellents qu'ils ressemblent mieux à l'original. (Trois, dise'
— PORTR.UT, image, idée :
Souvenirs importuns d'une amante laissée. Qui venez malgré moi remettre en ma pensée