POUR
culte, avec raison, selon nous, d'employer cette forme de langage :
Il est bien peu d'esprits, pour si bornés qu'ils soient, à qui une éduccalion appropriée à leurs facultés ou à leur foiblesse ne puisse donner des connaissances suffisantes. (Bonald, liecli. pliiL>s., c. ix.) — Ses livres, tout décriés qu'ils aient été depuis, et pour méchants qu'ils fussent, se vendaient on ne peut mieux. (Tu. Gaitier, Les Groicsq., Scudéry.) — L'auteur et le soutien de toute sic, pour essentiellement indépendant qu'il soit de chaque créature et de la création tout entière, pour distincte que soit de notre être contingent sa personnalité absolue, n'est point un être extérieur, c'est-à-dire étranger à nous, et ce n'est pas du dehors qu'il nous parle. (Henri Martin, Hisi. de France, xxxv, 1425-1428.)
Cet emploi de pour a été donné à tort comme un hispanisme ; c'est un très-ancien gallicisme.
— ÊTRE POUR, suivi d'un infin., être fait pour, être capable de, être dénature à, avec un nom de personne ou de chose pour sujet :
Cesse de m'outrager, ou le respect des dames
NVssi plus pour contenir celui que tu diffames. (La Veuve, v, 9.)
Vous avez fort la presse à ce livre nouveau ;
Cest pour vous faire riche... [La Gai. du Pal., i, 4.)
Au reste j'ai sondé l'esprit de mon rival. DAMON. Et connu?
THÉANTE. Qu'il n'esi pas pour me faire grand mal. (La Suiv., ii, 9.)
Il fait beau voir ce bras plus craint que le tonnerre Demeurer si paisible en un temps plein de guerre, Et c'est pour acquérir un nom bien relevé,
D'être dans une ville à battre le pavé! {L'Illus. com., m, 3.)
Tout de bon, seriez-vous pour le suivre? [Ibid., iv, 2.)
Des bras de mon perfide arracher une femme,
Est-ce pour assouvir les fureurs de mon âme? {MÉd.,\, 2)
N'épargnez pas mon sang si vous versez le sien, Autrement ce beau sang en fera verser d'autre,
Et ma fureur n'est pas pour se borner au vôtre. (Tliéod., i, 2.)
Renouveler le crime es/-ce pour les fléchir? [Androm., m, 2.)
C'est hien pour en rougir de voir quelle tempête Souvent mes lâchetés attirent sur ma tête. (Imit. , m, 20.)
Char bleu, se seroii pour nous pendre
S'une foys estions attrapez. (Moralité d'ung empereur.)
S'il est au moustier,
Je ne dis pas pour Dieu prier,
Auprès d'elle, et celle bourgeoyse
Luy faict chaperon de Ponthoise
Ou gecte à ung aultre l'œillade.
C'eut pour le rendre au lict malade. {Sermon des maulx de mariage.)
Mais, puisque ainsy vous plaist, madame, je ne suis pour vous contredire.
(Marg. d'Angoul., L'Heptam., xxi' nouv.) — Si eussiez voulu avoir patience et
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