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comme une locution encore habituelle aujourd'hui dans nos provinces centrales.
On a dit de même dans notre siècle :
Que faut-il faire? Se plaindre, se dépiter, écrire contre le souverain? Cesi pour être fustigé ou mis à mort. (J. De Maistre, Les Soir.de St-Pétersb. ,\in^ entr.j — Le duc^ jeune homme de vingt ans, n'était pas pour lui résister. (Michelet, Hisi. de France au xvu' siècle, Louis XIV, ch. xxiv.)
— POUR, suivi d'un infinitif, dans le sens de quoique ou de
jjarce que :
Dans le sens de quoique :
Un roi n'est pas moins roi pour se laisser charmer.
Et doit faire obéir qui ne veut pas aimer. [Penh., m, 2.)
Pour avoir tant vécu cliez ces cœurs magnanimes,
Vous en avez bientôt oublié les maximes. [Nicom., i, 2.)
Dans le sens de parce que :
Pensez-vous, pour pleurer et ternir vos appas,
Rappeler votre amant des portes du trépas? (L'ill. corn., iv, 2.)
L'hymen n'efface point ces profonds caractères,
Pour aimer un mari l'on ne hait pas ses frères. [Hor., m, 4.)
Vos armes l'ont conquise (Rome), et tous les conquérants
Pour être usurpateurs ne sont pas des tyrans. [Gin., ii, 1.)
Pour être plus qu'un roi, tu te crois quelque chose. (Ibid., iii, 4.;
Et la fidélité qu'on garde imprudemment
Après un peu d'éclat traîne un long châtiment,
Trouve un noble revers, dont les coups invincibles,
Pour être glorieux, ne sont pas moins sensibles. J'omiJ., i, 1.)
Les exemples suivants présentent de même les deux significations de quoique et àe, parce ([ue.
Quoique :
Comme celle qui vid en songe que de Troye
Elle enfantoit les feux, vid aussi mettre en pruye
Son pais par son fils, et, pour sçavoir son mal
Ne peut brider le cours de son mal-heur fatal. (D'Aubig., Les Trag.. i.)
Pa)xe que :
On n'est pas criminel toujours pour le paroître.
T. CoRN-, Le Comte d Ksscx, ii, 2.) Ouel cœur n'est pas fait pour aimer?
Et pour estre un héros, doit-on être insensible?
(QuiN., Cadm. etUerm., 1,1.)
Le S. Antoine, qui suivoit, arboroit le pavillon rouge, et fit tirer deux coups;
mais ce signal, quoiqu'établi en ces sortes d'occasions sur la mer, pour être peu
en usage, ne fut point entendu. (Pelliss., Hisl. de Louis \IV, I, ii, 1664.) — .Mon
\m POUR.
révérend père, si vous avez peine à lire celle lettre, pour ne pas être en assez beau caractère, ne vous en prenez qu'à vous-même. On ne me donne pas des privilèges comme à vous. (Pasc, Leii. prov., xvu.^
— POUR, se
rapportant à un verbe dont il est séparé
Pour de là vous conduire à trois coups d'arquebuse, Timandre sait user d'une obligeante ruse. (Poés. div., Presbyt. d'Hén.) Mais pour en quelque sorte obéir à vos lois. (0. Sanche, i, 3.)
Pour de ce grand dessein assurer le succès. Pomp., iv, 1.)
« Cette inversion n'est pas permise, dit un critique du dixhuitième siècle. On en sent la raison. Elle vient de la dureté de ces deux monosyllabes, pour de. » ( Examen des fautes de langage dans la tragédie de Pompée.)
La dureté est insensible en détachant un peu dans la prononciation poz/r des mots suivants. D'ailleurs, autrefois la préposition pour se séparait très-fréquemment du verbe :
Pour leurs royaulmes garder des ennemys. [Épisl. envoyée par feu Henry, roi(fAnglet.,àHenry, son fils, viii« de ce nom (1512). Rec. de poés. franc des xi« et xii^ siècle.s. t. m.)
^ Pour, selon droict et le.> raisons legalles.
Devant le roy soubtenir et deffendre Les torts et griefz qu'on luy faisoit entendre
■Avoir esté par luy faictz à ses hommes. {Ibid.)
Puis je voudrois, en taureau blanchissant Me transformer, pour sur mon dos la prendre Quand elle va sur l'herbe la plus tendre
Seule, à l'écart, mille fleurs ravissanl. (Kons., Amours, i, 20.)
Pour, après tant de peines, jouyr d'un tranquile repos. (L.\riv.. LesÉcol., i, 3.)
— Landereau aiant sceu que la troupe la plus redoutée de Montaigne en estoit dehors, pria Briandière, chef de soixante gentils-hommes liguez et de la meilleure troupe de l'armée, de lui aider à presser le comte du Ludde.poi», avec les forces qu'ils avoient, aller commencer le siège. (D'AuBiG.NÉ,//(s/.WHit'., l.iv,c.xvi, l^^éd.) — C'est une vanité des grands de vouloir qu'on fasse grand cas de pouvoir entrer chez eux, et d'être le plus prés de leur porte, pour, à l'ouverture, mettre le premier pied dans une maison où il y a puis après lanl d'autres portes qu'après être entré dedans^ on se trouve encore dehors. (Malh., Imh. de Sén'eque.] — (Juelqu'autre que lui eût encore bazardé un crime, pour après avoir le temps de s'en justifier. 'Mézek., Hisi. de Fr. av. Clov., m, 16.) — 11 a fallu en venir à l'altération du le\Xe,pour du moins le rendre douteux. {Buss.,' Explic. du Ps. xxi, 3, m.)
— 'Pour donc entrer dans son dessein. (Id., Médit, sur l'Êvmuj., 1" p., xvii.) — Elles n'ont donc qu'à s'unir au trouble, aux infirmités, aux délaissements de Jésus four, par ce moyen, trouver leur soutien dans l'union intime qui le tenoit si inséparablement attaché à la divinité. (Id., ibid., xvi.) — 11 faut quelquefois exciter l'ardeur par quelque délai, pour aussi augmenter le goût. (Id., i7iid.,XLvin.~ — M. le prince d'Orange rétablit son armée sous Mons, et fit des préparatifs pour le siège d'Oudenarde ; et M. le prince de Condé mit ia sienne dans des quartiers de rafraîchissement de l'autre côté de la Sambre, et disposa toutes choses pour.