SE PRÉCIPITER DANS UN OBSTACLE
C'eût été se faire arrêter lui-même, et se précipiter dans tin obstacle invincible au dessein qu'il voulait exécuter. [Examen de Cinna.)
— PRÉCIPITÉ, participe passé :
Vous porteriez trop loin des nxux précipités. [Sert., u, à.,
PRENDRE, V. a., au sens moral, se rendre maître de, captiver:
Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme I
Je l'attaquai par là. par là je i ris son âme. [Cinna, v. l.j
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— l'HF.NDRE l'occasion, la saisii' :
Prenons l'occasion tandis qu'elle est propice. {Cinna, \, 3.)
— PRENDRE UN CERTAIN TExMPS POUR UNE CHOSE .
Prends un an, si tu veux, pour essuyer tes larmes. [Le Cid, v, 7.)
— PRENDRE, en parlant d'une carrière, prendre le parti de :
Voire fils et son train ont bien su par leur fuite
D'un père et d'un piévùt éviter la poursuite,
Mais tombant dans les mains de la nécessité.
Ils ont pris le théâtre en cette extrémité. [L'Ulus. corn., v, 5.)
— PRENDRE UN PEU d'air, comme on dit prendre lair :
Allons prendre un peu d'air dans la cour des prisons. [Suite du Ment , "il, 7.)
— LE PRENDRE d'uN HAUT TON :
Tu le prends d'un haut ton, et je crois qu'au besoin
Ce discours emphatique iroit encor bien loin. [Mél., i, 1.)
On a dit d'une manière analogue :
Je ne veux pas le prendre Sur le ton fier et sérieux. (T. Corn., Circé, i, 2.)
— PRENDRE, abs., recevoir de l'argent :
Mais vous avez reçu, quiconque prend se vend, [Suite du Ment., ii, 5.)
— PRENDRE A (se), s'attaquer à :
Aussi n'est-ce qu'à moi de punir ces forfaits,
Et de montrer à tous par de puissants effets
Qu'attaquer Rosidor c'est se prendre à moi-même. {Clii., m, 1.)
Et que sous l'étriviére il puisse tôt connoître,
Quand on se prend aux miens, qu'on s'attaque à leur maître.
<Ia Gai. du Pal., i, 9.) Qu'avons-nous plus à craindre? et quel destin jaloux. Tant que nous vous aurons, s'osera prendre à nous? [}féd., iv, 2.)
Quel impie osera se prendre à leur vouloir,
Lorsqu'en un sacrifice ils nous l'auront fait voir? [Hor., m, 2.)
Le crime n'est pas grand, s'il fut seul contre trois, Mais jamais sans forfait on ne se prend aux rois.
[Œd., IV, 2., éd. 1663, in-f°.)
Qu'il faut donner aux bons pour s'entre-soutenir
Le temps de se remeUre et de se réunir,
Et laisser aux méchants celui de reconnoître
Quelle est l'impiété de se prendre o son maître. (Oth., v, 2.)
Jusqu'à ce qu'à vous-même il ait osé se prendre. [Pomp., m, 2.)
« On ne peut trop remarquer, dit Voltaire, avec quel soin pénible il faut éviter ce concours de syllabes dures dont les auteurs ne s'aperçoivent point dans la chaleur de la composition. « Jusqu'à ce qu'à, » révolte l'oreille; « se prendre à quelqu'un » est du discours familier; et « s'en prendre » est quelquefois fort