‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 126 sur 344 · T8 PRESSER · texte numérisé non relu

T8 PRESSER

PRESSER, V. a. se faire presser a la représentation d'une PIÈCE DE THÉÂTRE, SG faire fouler, écraser par la presse pour y

assister :

Ceux qui se sont pressés à la représenialion de mes ouvrages m'obligent infiriimenl; ceux qui ne les approuvent pas peuvent se dispenser d'y venir gagner la migraine. ^La Gai. du Pal., Epître.)

— En termes de poétique, presser une action, la conduire rapidement au dénoûment :

Je ne pense pas que dans la comédie le poëte ait cette liberté de presser son action par la nécessité de la réduire dans l'unité de jour. [Deux, dise.)

— PRESSER LES TEMPS, cc quc ComeiUe appelle ailleurs 'resserre?' les temps :

A le prendre à la rigueur, il est permis de presser tes temps pour faire l'unité de jour. [Exam. de Sur.)

— PRESSER l'effet DE, s'cfforccr de le rendre prochain, le hâter :

Le ciel l'ordonne ainsi, ton change est légitime.

Ton innocence est sûre au milieu de ton crime,

Et quand tes trahisons pres-je»;/ leur noir effet.

Ta gloire, ton devoir, ton destin a tout fait. [La fois, dhr, m, 3.)

C'est dans le même sens qu'on a dit :

Et dans l'âge où je suis C'est à moi de presser la fin de mes ennuis.

^T. Corn., La Mon d'Annibul, n, 4.)

J'attends l'occasion de m'offrir hautement,

Et, de tous mes souhaits, j'en presse le moment. [Mol., Le Misant., i\, 2.)

— PRESSER UN TROUBLE, pouF siguifier prcsseF une personne dans le trouble :

... ^e pressez point un trouble qui s'augmente, Vous voyez mon devoir et connoissez ma foi. {Oth., v, 6.)

— PRESSER quelqu'un DE, suivi d'uu substantif, le porter, l'engager avec une vive instance à :

Un rigoureux devoir à cet amour s'oppose.

Ne m'en accusez point, vous en êtes la cause,

Vous l'avez fait renaître en me pressant d'un choix,

Qui rompt de vos traités les favorables lois. [Rod., iv, 1.)

On a dit de même :

La \euve de Maryanie fui assez généreuse pour préférer ma sûreté à ma \ue el ]iour me presser de niou depait. ;M°'^ le Villed., Les Galanier. yrtnad., i.]

Page 1