‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 127 sur 344 · PRET · texte numérisé non relu

PRET

On trouve, avec une nuance différente de signification :

Jamais, et non plus qnesa sœur.

Ne me pressa de mon honneur. (Belleau, La Reconnue, i, 3.)

— PRESSER, abs., faire de vives instances :

Un vieillard demande à vous parler, Il se dit de Corinthe, ei presse. iOEd., v, 2.

PRET DE, comme près de, pour signifier sur le point de :

Sur la légèreté d'une croyance si peu raisonnable, il renonce à une affection dont il éloil assuré, et qui étoit pcé/e d'avoir son effet, [Exam. de Mél.) On a fait contre vous dix entreprises vaines ; Peut-être que l'onzième est prête rf'éclater. [Cinna, ii, 1.)

La locution /)re^ de, pour dire sur le point de, était d'un usage universel au dix-septième siècle et pendant une grande partie du dix-huitième, et l'on ne voit pas la raison qu'ont eue les grammairiens de la rejeter et de la condamner. La logique ne s'opposait aucunement à ce que prêt de, surtout avec un nom de personne, eût les deux sens si voisins de préparé à et de sur le point de : quand on est prêt à une chose , on est naturellement sur le point de la faire. Les exemples suivants, dans lesquels prêt de se rapporte toujours à un nom d'être animé, pourraient parfaitement, à notre avis, être encore imités :

Il tenoit un moineau, dit-on.

Prêt d'étouffer la pauvre bête, Ou de la lâcher aussitôt

Pour mettre Apollon en défaut. (La Font., Fables, iv, 19.)

Que l'image de cette fin dernière , de ce moment affreux où vous jugerez nos justices, et où mon âme toute couverte de crimes, sans pénitence et sans confusion, s'est vue toute prêie de recevoir le dernier coup de mort, ne s'efface jamais de ma mémoire. (M"'^ de La Vallière, Réftex. sur la miseric. de Dieu, ch. i.) — Agitée, éperdue, tantôt hors de moi-même, et tantôt prête de mourir de faiblesse. (Volt., Ca?idide, viii.)

Quoi! prêle d'essuyer le plus grand des malheurs. Vous voulez que je sois et muette et tranquille.

(Destouches, Le Philos, marié, m, &.)

— On disait de même avec un nom de personne ou de chose PRÊT A :

Un grand destin commence, un grand destin s'achève, L'empire est prêi à choir, et la France s'élève. [^IL, ', 2.)

L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage. (La Font., Fab., m, 12.) Le temps de sa gloire n'est pas prêt à finir. (L. Rac, Réflex. sur lupoés., c. 10.)

— Maintenant que les bouffons sont congédiés, ou prêts à l'être. (J.-J. Rouss.,

Leit. sur la mus., Avert.)

Plus tu peins le péril prêt à nous accabler,

Plus je vois mon courage à ta voix redoubler. {Lk>iovE, Mali, sec, iv, 3.)

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