PRETENDRE
Prêi à se séparer d'une fille si chére,
Les adieux sont toujours prolongés par un père. (Le Mibrre, Térée, i, 1.) CAsiMin, l'interromjiani. Christiern est vaincu.
ADÉL.\ïD.Et peut-être vengé?
CASIMIR. Non, mais tout prêt à l'être. (Piro.n, G. Wasa, v, 2.)
Acceptez, ô mon Dieu, le sa.agprêi à couler. (M.-J. Chénier, Charles IX.)
Domergue a, bien à tort, ridiculisé ce vers, par la vaine raison que prêt à signifie disposé à, préparé à. [Solutions grommat., x.)
On disait donc également prêt à et prêt de, pour signifier sur le point de; mais prêt de était regardé comme plus élégant ({ne, prêt à. « Lorsque /)ré^ signifie sur le point, prêt de est beaucoup meilleur, » observe Bouhours, dans ses Remarques nouvelles.
Cependant Bossuet, corrigeant la phrase de M'°e de La Vallière citée plus haut, a employé pi^ête à au lieu de pi^ête de, probablement pour plus d'euphonie :
Que l'image de cette fin dernière, de ce moment affreux où vous jugerez nos justices, et où mon âme toute couverte de crimes, sans pénitence et dans la confusion, s'est vue toute prêle à mourir de la mort éternelle, ne s'efface jamais de ma mémoire.
Nos lecteurs seront peut-être bien aises de connaître l'opinion de grammairiens estimés sur ces diverses expressions ;
« Prêt «, dit Marmontel, est plus instant et marque une disposition plus prochaine , plus décidée. Prêt de a un, objet moins actuel, moins déterminé. Les esprits étaient prêts à se révolter, ils y étaient résolus, ils s'allaient révolter sur l'heure, incessamment. Zes esprits étaient prêts de se révolter, ils y étaient disposés, ils n'en étaient pas loin. » M. Collin d'Ambly ajoute que prêt à indique une préparation tendant à une fin; et que prêt de exprime une disposition, une détermination, une résolution sans aucun préparatif réel. « Près de, continue Marmontel, exprime bien proximité de l'action, mais non pas résolution, ni même intention de la faire : près de périr, près d'expirer dit seulement au moment de périr, au moment d'expirer; et dans le sens passif ou neutre /)rès de me paraît préférable à prêt de. »
PRETENDRE, v. a. prétendre la main, aspirer à la main :
Je n'ai point prétendu la main d'un empereur. [Pulch., i, 5.)
— PRÉTENDRE, abs. PRÉTENDRE TROP HAUT, porter trop haut
ses prétentions :
En ce cas i^ verra que je sais comme il faut
Punir des insolents qui prétendeni trop liant. (La Suiv., i, S.)