‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 129 sur 344 · PRETER · texte numérisé non relu

PRETER

• — Et sans aucun modificatif, avoir des prétentions :

Mais connois Pulchérie et cesse de prétendre. {HéracL, i, 2.)

« Ce verbe prétendre, dit Voltaire, exige absolument un régime ; ce n'est point un verbe neutre; ainsi la phrase n'est point achevée. »

Cependant, on a dit comme Corneille, neutralement :

Elle m'acquit de nouveaux amants et rappela les anciens. Le marquis de Biraguc et le jeune comte de Signac entr'autres recommencèrent à p?-e<end)-e plus fort que jamais. (M""' de Villedieu, Yie de Henriette-Sylvie de Molière, m.)

PRETER, au sens moral, n'accorder que pour un moment :

0 ciel, qui malgré moi me renvoyez au jour,

G sort, qui redonniez l'espoir à mon amour,

Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée.

Et rendez-moi la mort que vous m'avez ôtée ! (PoL, u, 1.)

— PRÊTER l'esprit, expressiou originale et très-poétique :

Immobile à leurs coups, en lui-même il rappelle

Ce qu'eut de beau sa vie, et ce qu'on dira d'elle;

Et tient la trahison que le roi leur prescrit

Trop au-dessous de lui pour y prêter l'esprit. {Pomp., u, 2.)

— PRÊTER l'œil et l'oreille A, pour signifier regarder et écouter :

Même notre grand roi, ce foudre de la guerre,

Dont le nom se fait craindre aux deux bouts de la terre,

Le front ceint de lauriers, daigne bien quelquefois

Prêter l'œil et l'oreille au théâtre françois. {L'Illus. corn., v, 5.)

— PRÊTER SON BRAS, prêter le secours de ses armes, de sa vaillance :

J"ignore quels projets peut former son bonheur;

S'il les pousse trop loin, moi-même je l'en blâme,

Je lui prête mon bras sans engager mon âme. * [Sert., m, 1.)

— PRÊTER UNE DEFENSE A QUELQU'UN, CmploVCr tcls mOycnS

pour sa défense :

D'ailleurs l'histoire est trop connue, pour retrancher le péril qu'il court d'une mort infâme après l'avoir tuée, et la défense que lui prête son père pour obtenir sa grâce n'auroitplus de lieu s'il demeuroil innocent. [Exam. d'Hor.)

— PRÊTER UN EXEMPLE A, suivi d'uu infinitif, le donner :

Vous voyez qu'à son rang elle me sacrifie.

Madame, et vous voulez que je la justifie?

Qu'après tous les mépris qu'elle montre pour moi,

Je lui prêle un exemple à me voler sa foi? [Pulch., m, 4.)

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