‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 130 sur 344 · PRÊTER UNE PREUVE · texte numérisé non relu

PRÊTER UNE PREUVE

Votre exemple lui prêle une preuve assez claire,

Que le trône est plus doux que le sein d'une mère. [Œd., iv, 3.)

— L'emploi suivant est encore plus remarquable :

Si vous n'osez parler, du moins laissez-nous faire.

Nous saurons vous servir, seigneur, et malgré vous,

Prêlez-nous seulement un moment de courroux.

Et permettez après qu'on l'explique et qu'on feigne

Ce que vous n'osez dire et qu'il faut qu'elle craigne. {Penh., ii, .3.)

— Corneille dit encore d'une manière un peu singulière :

Et j'aurois cette honte en ce funeste sort

D'avoir prêté mon crime à faire votre mort. [Œd., i, 4.)

— SE PRÊTER A, emploi particulier :

Et, quoi qu'étale ici le monde, Ce n'est qu'avec dédain que l'œil s'y doit prêter. (Imit., u, 1.)

PRIER quelqu'un de quelque chose :

Vois l'urne de Pompée, il y manque sa tête,

Ne me la retiens plus; c'est l'unique faveur

Dont je te puis encor prier avec honneur. {l'omp., i, 4.)

Vous étant bien amusé durant la promenade à prendre du tabac sans songer à

moi, vous ne vous en souvenez au retour que pour ?(/e prier de mon déshonneur

en termes honnêtes, mais fort intelligibles. (Hamilt. , Mém. du comte de Gram.,

Page 1