‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 131 sur 344 · C. IV · texte numérisé non relu

C. IV

On disait de même supplier quelqu'un de quelque chose :

Et portent aussy nouvelles en vertu de ce que je désire que vous taschiés d'en obtenir l'effet, s'il est possible, non seulement pour le regard de celui de la Bretagne, mais aussy du renfort pour moy, dont je supplie la royne, selon que par toutes mes précédentes je vous ai représenté l'occasion et le besoin de l'un et de l'aultre. [Lett. miss, de Henri IV, t. m, p. 829, 21 avril 1591.)

PRISE. s'oTER DE PRISE, sc mettre à l'abri d'être pris :

En lieu de sûreté le babil est de mise;

Mais ici ne songeons qu'à )tous ôter de prise. (L'Illus. corn-, iv, 9.)

PRISER, avec un nom de chose pour régime, faire cas de :

Je prise auprès des tiens si peu mes intérêts.

Que, bien que j'en sentisse au cœur mille regrets,

Et que de déplaisir il m'en coûtât la vie.

Je me la tiendrois lors heureusement ravie. lia Suiv., ii, 8.)

PRISON. — miUCLAMER. ^SS

PRISON. Remarquable emploi au lîguré :

Vastes cieux, prisom éclatantes.

Qui renfermez les airs, et la terre et les eaux. <Trai. du /'*. cm.vih. )

PRISONNIER, adj. et fig. :

L'impétueuse ardeur de ces transports nouveaux

A son sang prisonnitr ouvre tous les canaux. [-M'- ■ v, t).)

PRIVILÉGIÉ. UN M.\L puiviLÉGiK, poui' désigner la maladie syphilitique :

Et tel vous soupçonnoit de quelque guérison ,, . ^ ,, , ,

T)-un mal privUéçiié dont je tairai le nom. [Sinle du Meut., i, 1.)

PRIX. CE qu'ont réservé de prix, le prix qu'ont réservé :

Cruelle, est-ce là. donc ce que vos injustices

Ont réservé de prix à de si longs services-' [L lllus. co,n., u, S. )

LE PRIX DE, suivi d'un infinitif :

Allez, servez-moi bien. Si vous aimez Flavie,

Elle sera le prix de m'avoir bien servie. /»"■• 'V- i-)

C'est ce qu'il n'est plus temps de vous dissimuler.

Seigneur, et c'est le prix de m'avoir fait parler. ;^«'- , n, i.j

PROCHE, prochain, en parlant de la distance :

Albin l'a rencontré dans la proclw campagne. [PoL, i, *• )

— En parlant du temps :

u sembloit nous parler de ton proche h> menée ; Il sembloit tout promettre à tes vœux innocents, Et, nous cachant ainsi ta mort inopinée. Sa voix n'est que trop vraie en trompant notre sens.

(Cinna, V, 3, dans les 1"' édit. jusqua lbD4.)

C'est aonc trop peu pour moi que des malheurs si procites,

Si vous ne les croissez par d'injustes reproches. (Atidrom , n, à.)

— PROCHE DE, suivi d'uu infinitif, comme p-ès de :

Et si, proche qu'elle est de choir dans l'infamie,

Ma plus sincère ardeur n'en peut rien obtenir.

Vous n'aurez pas beaucoup a craindre lavenir. [Theod., m, 5.)

On trouve aussi, avec l'infinitif, proche à:

Les armées étoient si proches à s'entre-choquer que la mousqueterie avoit déjà commencé a jouer son jeu. ^NAnDÊ, Le sMascurat, in-d-, p. 4U9.)

PROCLAMER pour l'empereur, comme proclamer empereur :

Quinze ou vingt révoltés au milieu de la place

Viennent de proclamer Othon pour l'empereur. [Olh., iv, 7, J

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