‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 172 sur 344 · RÉDUIRE UNE PIÈCE DANS LA CONTRAINTE DES VINGT-QUATRE · texte numérisé non relu

RÉDUIRE UNE PIÈCE DANS LA CONTRAINTE DES VINGT-QUATRE

HEURES, l'y resserrer :

De six pièces de théâtre qui me sont échappées, en ayani reduii trois dam la contrainte qu'elle nous a prescrite, je n'ai point fait de conscience d'allonger un peu les vingt-quatre heures aux trois autres. [La Veuve, Au lect.)

De même :

Je ne voudrois pas perdre un beau sujet pour ne l'y pouvoir réduire. (Avert. au lect. de la seconde part, des Œuv. de P. Corn.)

— RÉDUIRE EN EFFET, Convertir en effet :

Donne-moi le moyen, après un tel bienfait.

De réduire pour toi ma parole en effet. [La Veuve, v, 10.)

— De même, réduire a l'effet :

Ainsi qui sait aimer se rend de tout capable,

Il réduit à l'effet ce qui semble incroyable. (Itnii., m, 5.)

— RÉDUIRE UN DÉSIR jusqu'a l'effet, le réaliser :

Princes, tel est mon sort que la toison ravie

Me doit coûter le sceptre et peut-être la vie.

De sa perte dépend celle de tout l'État;

En former un désir, c'est faire un attentat.

Et si jusqu'à l'effet vous pouvez le réduire,

Vous ne m'aurez sauvé que pour mieux me détruire. [La Tois. d'or, i, 3.)

— RÉDUIRE TOUTES SES VOIX EN UNE, les faire porter sur une seule personne :

11 a réduit soudain toutes ses voix en une. [Pulch., ii, 1.)

— RÉDUIRE EN, DANS, changer en :

Que t'importe à présent qu'un autre m'en délivre.

Puisque c'est pour toi seul que Clarice veut vivre,

Et que d'un tel orage en bonace réduit

Célidan a la peine et Philiste le fruit? [La Veuve, v, 7.)

Et c'est avec raison que ma flamme contrainte

De réduire ses feux dans une amitié sainte... [Mél., v, 0.)

— RÉDUIRE EN, amoindrir aux proportions de :

Pour le temps, il m'a fallu réduire en soulèvement tumultuaire une guerre qui n'a pu durer guère moins d'un an. [Exam. de Pomp.)

— RÉDUIRE EN, faire descendre, rabaisser à :

Dis tout, Araspe, dis que le nom du sujet

Réduit toute leur gloire en un rang trop abjet. (Nicom., ii, 1.)

« Qu'est-ce que le rang d'une gloire, s'écrie Voltaire? On ne réduit pas en, on réduit à. »

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