SONDE. — SORTIE. 'M
SONDE. POHTKH I.A SONDE EN UN COUHAGE, SOndci' Ull CU'Ul' :
Ami, ne porte plus la soude en mon courage. {Clii., ni, 5.)
SONNER, fig. KAiuE SONNER, taii'c retentir :
CHiMÈNE. De qui jieux-lu .savoir ces nouvelles étranges' ELVinE. Du peuple qui partout /ai/ sonner ses louanges,
Le nomme de sa joie et l'objet et l'auteur,
Son ange tulélaire et son libérateur. (Le l'id, v, 1.)
— FAIRE SONNER (un subst.), parler de... avec emphase :
Étaler force mots qu'elles n'entendent pas,
Faire sonner Lamboy, Jean de Vert et Galas. {Le Ment., i, 6.)
SONGER, act. songer une mort :
Pauline, sans raison, dans la douleur plongée,
Craint et croit déjà voir ma mon qu'elle a sotigée. {PoL, i, ].
Suivant Voltaire, « on ne peut dire que dans le burlesque songer une mort. » Palissot réfute en ces termes justes la critique du scrupuleux commentateur :
« Nous pouvons nous tromper, mais nous croyons entrevoir quelque différence entre songer une mort, expression que nous ne balancerions pas à condamner si elle était employée dans un sens absolu, et cette mort de Polyeucte que Pauline a véritablement songée , puisqu'elle a cru la voir en songe. Somniare aliquem était une expression latine très-usitée pour dire voir quelqu'un en songe; somniare mortem alicujus se dirait donc également, et c'est précisément l'expression de Corneille. Non-seulement elle ne nous avait jamais choqué, mais nous ne soupçonnions pas même qu'elle dût être reprise, ni traitée de burlesque.»
On a dit d'une manière assez analogue :
Cette mesme nuit, je songeai encore ma délivrance. (Dassoucy, Pensées dans te saint office de Rome.)
SORT. JETER LE SORT, tirer au sort :
Allons jefer le sort pour la dernière fois.
Malheureux le dernier que foudroiera son choix. Androm. i, 3.)
SORTIE DE LA VIE, action de sortir de la vie :
Mais si les dieux m'ont fait la vie abominable,
Us m'en font par pitié la sortie honorable. {()t.d.. v, 7.
— Dans un sens analogue :
CLÉONE. H ne vit plus, sa grande âme est partie.
CREUSE. Donnez donc à la mienne une même sortie. [Méd., v, 4.)
;i20 SORTIR.
— SORTIE DE PÉRIL, actioii de sortir d'un péril :
Alors la sortie du premier péril ne rend point l'action complète, puisqu'elle en attire un second. {Trois. Disc.)
Il faut de ces périls m'aplanir la sortie. !Rodog., m, 2.)
Corneille dit encore, d'une manière un peu singulière et contournée, se faire une heweuse sortie des périls, pour signifier trouver le moyen d'en sortir heureusement :
Combattez, race d'Orythie, Demi-dieux, combattez.
Et faites voir que vos bras indomptés .Se font partout une heureuse sortie
Des périls les plus redoutés. (La Tois. d'or, v, 5.)
On pourrait citer plusieurs emplois analogues, comme le suivant :
Il déclara au parlement qu'il ne demandoit rien, qu'il se contentoit de l'affection de ses sujets, et qu'il ne vouloit point troubler leur joye, en les affligeant par des impositions qui ne pouvoient que leur être extrêmement à charge, à la sortie des guerres civiles. (Marsol., Hisi. de Henri VII, 1. ii.)
— LA SORTIE d'un DESSEIN, pour désigner la conclusion d'une entreprise :
Et de tes desseins à jamais Favoriser l'entrée et bénir la sortie. [Trad. du Ps. cxxi.)
SORTIR DU BAPTÊME, sortir de recevoir le baptême :
Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime... Po!., u, 6.)
— TOUT SORTANT DE LA VICTOIRE, au moment que tu sors de la lice où tu as remporté la victoire :
Et toi qui, tout sortant encor de la victoire,
Regardes rnes travaux du séjour de la gloire,
Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi.
Prête du haut du ciel la main à ton ami. (Pol., v, 1.)
— AU SORTIR DE. Comeille offre plusieurs exemples remarquables de l'emploi au figuré de cette locution prépositive :
Contre votre froideur une modeste plainte
Fui tout notre entrelien au sortir de la feinte. [La Gai. du Pal., v, 4.)
Même au sortir de Trébie et de Cannes, Son ombre épouvanta votre grand Annibal. iJSicom.. m, 2.^
Au sortir de Trébie et de Cannes veut dire, aussitôt après les batailles de Trébie et de Cannes.
On nous élevé au trône au sortir de nos chaînes. [Glli.. u, 2.)