‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 220 sur 344 · SOUHAIT. — SOULAS · texte numérisé non relu

SOUHAIT. — SOULAS

Je ne vous puis souffrir de dire une sottise. {Suite du Menl., m 2.)

J'ai cru pouvoir sans crime

Vous souffrir d'aspirer à toute mon estime. (T. Corn., Maxim., ii, 4.)

Seigneur, encore un coup, souffrez-moi de me taire. (Id., ibid., iv, 4.)

— SOUFFRIR, permettre, souffrir ta lâcheté couverte, permettre que ta lâcheté demeure couverte :

As-tu cru que le ciel consentît à ma perte

iusqu' il souffrir encor la lâcheté couverte? CLa PI. lioy., n, 3.)

— SOUFFRIR, avec un nom de personne pour régime direct, et suivi d'un infinitif, comme laisser :

En Europe, où les rois sont d'une humeur civile,

Je ne leur rase point de château, ni de ville,

Je les souffre régner. {L'Illus. com., ii, 2.)

On a dit de même :

Et ainsi m'alloil amusant.

Et me souffrait tout racompter,

Mais ce n'estuit qu'en m'abusant.

(Villon, Grani test.. Double Bail., lvii.) Guntchram l'envoya prier de le souffrir passer en faveur de leur ancienne amitié. (Fauchet, Antiq. fjauL, m, 19.) — Il y avoit des diacres continuellement appliqués a prendre garde que chacun fût attentif, et ne souffrir personne sommeiller, rire, parler a l'oreille, ou faire quelque signe à un autre. (Fleury, Mœurs des chrél., xl.)

On trouve d'une manière analogue souffrir, suivi d'un infinitif, comme laisser, sans régime de personne :

L'honorable bourgeois, l'exemple de sa ville,

Souffre devant ses yeux violer femme et fille. (D'Aubigné, Les Trarj., i.

— SOUFFRIR, permettre, admettre :

Quelque pleine satisfaction que vous a3'ez reçue de la nouvelle représentation d'Œdipe, je puis vous assurer qu'elle n'égale point celle que j'ai eue à lire votre lettre, soit que je la regarde comme un gage de votre amitié, soit que je la considère comme une pièce d'éloquence remplie des plus belles et des plus nobles expressions que la langue puisse souffrir. [Leli. à M. l'abbé de Pure, 12 mars 1659.)

SOUHAIT. SANS SOUHAIT DE, suivid'uu verbe, sans souhaiter de:

Sans souhait toutefois de pouvoir reculer.

Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler. [Hor., ii, 3.)

SOUHAITER, abs., former des souhaits :

Et pour mettre d'accord ta fortune et ton cœur,

Souhaite pour l'amant, et te garde au vainqueur. {Oth., iv, 3.)

SOULAS, consolation, soulagement :

Vain et foible soûlas en un coup si funeste.

{La Veuve, iv, 1, 1"" édit., jusqu'à 1654 inclusiv.)

Page 1