‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 221 sur 344 · SOULER. — SOURCILLEUX · texte numérisé non relu

SOULER. — SOURCILLEUX

Dans les éditions suivantes, Corneille a mis :

Foible soulagement en un coup si funeste.

Lors de la première édition de la Veuve, le mot sovlas avait déjà vieilli.

SOULER, fîg., rassasier :

Et, sous un faux semblant de libéralité,

Soûler et ma vengeance et ton avidité. [iléd., iv, 1.)

Vous ne l'avez massacré qu'à demi, Il vit encor en moi, soûlez son ennemi ; Achevez, assassins, de m'arracher la vie. [UlUus. corn., iv, 4.)

SOUMIS AUX SOINS DE (un infm.), abandonné, livré aux soins de:

11 faut plus de fierté dans une âme royale.

Et ma douleur soumise aux soins de le venger... {Sert., v, 8.)

— SOUMIS, résigné, employé dans un sens défavorable :

Je ne vous cèle point qu'ayant l'âme royale

L'amour du sceptre encor me fait votre rivale,

Et que je ne puis voir d'un cœur lâche et soumis

La sœur de mon époux déshériter mon fils. {Penh., i, 2.)

SOUPÇON. TOMBER EN SOUPÇON DE (un infin.), venir à être

soupçonné de :

J'ai toujours cru que, pour belle que fût une pensée , tomber en soupçon de la tenir d'un autre, c'est l'acheter plus cher qu'elle ne vaut. {Mél., préf.)

On a dit de même, tomber dans le soupçon de :

Ceux qui ont écrit leurs propres actions sont tombés ordinairement dans le soupçon, ou de les avoir relevées par orgueil, ou d'en avoir diminué la gloire par modestie. (Fléchier, Vie du card. Commcndon, préf.j

SOUPÇONNER QUELQUE chose DE FAUSSETÉ, pouF signifier soupçonner de la fausseté dans quelque chose ; soupçonner un dessein d'injustice, soupçonner qu'il y a de l'injustice dans un dessein :

Les autres, mieux avertis de notre artifice, soupçonnent de fausseté tout ce qui n'est pas de leur connoissance. {Pol., Abr. du mart. de S. Pol.) Je soupçonne déjà mon dessein d'injustice, El je doute s'il est ou raison, ou caprice. {La PL Roy., iv, 1.)

SOUPLE. PLUS SOUPLE qu'un g.ant :

Voyez, elle se rend Plus douce qu'une épouse, et plus souple qu'un gant. [Le Ment-, iv, 6.;

SOURCILLEUX, hautain, superbe, arrogant. Corneille affec-

sous. — SOUTŒN. 325

tionne l'emploi de cet adjectif, qui lui sert ù former des alliances de mots très-heureuses :

Toutes les nations qui voyoient notre joie,

Se disoient d'un air sourcilleiir • Il faut que le bonlieur où leur Dieu les renvoie

Soit bien grand et bien merveilleux. (Trad. du Ps. csxv.)

Avec l'humble innocence elle est plus compatible,

Qu'avec le pouvoir sourcilleux. [Imii ^ m, 5.)

Pouvez-vous regretter ces démarches pompeuses, Ces fastueux dehors, ces grandeurs sourcilleuses, Ces gouverneurs enfin envoyés de si loin, Tout-puissants en parade, impuissants au besoin.

[Les Yicloircs du roi en 1067.)

SOUS, d'après les ordres de :

Apprenez que le sort n'agit que sous les dieux. [Androm., i\, 4.)

SOUSCRIRE so.xNOiM, signer son nom :

Sou nom au lieu du mien en ce papier souscrit

Ne lui montre que trop le fond de mon esprit. {La PI. Roy., V, 4.)

SOUTENIR DE, avec un nom de chose :

Il voudroitpour m'aimer que j'eusse d'autres charmes,

Que l'éclat de mon sang, mieux soutenu de biens,

Ne fût point ravalé par le rang que je liens. (La Suiv., i, 8.)

La forme plus ordinaire est soutenir par :

La noblesse est bien peu de chose quand elle n'est pas soutenue par de grands biens. (Le Sage, Le Bachelier de Salamanque, 3° p., c. xiv.]

— SOUTENIR, avec un nom de chose pour sujet, être à la hauteur de :

On s'étonne de voir qu'un homme tel qu'Olhon,

Othon, dont les hauts faits soutiennent le grand nom.

Daigne d'un Vinius se réduire à la fille. ("'''., i, !•)

On emploie le verbe soutenir d'une manière analogue pour signifier répondre à :

Ta gaie humeur soutient ta bonne mine.

(T. Corn., L'Amour à la mode, u, 5.)

La seule simplicité d'un récit fidèle pourroit soutenir la gloire du prince de Condé. (Boss., Orais. jun. du prince de Coudé.)

SOUTIEN. UiN METS DE PEU DE SOUTIEN, un mcts qui soutient peu :

Cette ambroisie est fade, J'en eus au bout d'un jour l'estuniac tout malade. C'est un mets délicat, et de peu de soutien, A moins que d'être un dieu l'on n'en vivroit pas bien.

[L'Illus. corn., iv. 4.)

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