‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 222 sur 344 · SOUVERAIN. — STUPIDE · texte numérisé non relu

SOUVERAIN. — STUPIDE

— SOUTIEN, prétention, fait que l'on soutient et appuie de preuves :

En laquelle instance, bien que ses soutiens soient justes tant contre ledit Hays que contre ladite veuve... {Au Roi et à nos Seigneurs de son conseil.)

SOUVERAIN, adj. souverain a (un infin.), qui est d'une souveraine efficacité pour :

Ce beau nom d'héritière a de telles douceurs,

Qu'il devient souverain à consoler des sœurs. (MéL, iv, 10.)

Ses attraits tout-puissants ont des avant-coureurs

Encor plus souverains à lui gagner les cœurs. [Suite du Ment., v, 1.)

— SOUVERAIN SUR, qui exerce un empire souverain sur :

II abaisse à nos pieds l'orgueil des diadèmes,

Il nous fait souverains sur leurs grandeurs suprêmes. {Cin., m, 4.)

Voltaire fait cette observation :

« Il faut remarquer les plus légères fautes de langage. On est souverain de, on n'est pas souverain sur, encore moins souverain sur une grandeur. »

La locution de Corneille nous paraît parfaitement dans l'analogie, bien qu'elle soit ici assez mal employée.

Rotrou a dit, quelques années après l'auteur de Cinna :

Mon fils, si près du trône où vous allez monter,

Près d'y remplir ma place et m'y représenter.

Aussi bien souverain sur vous que sur les autres,

Prenez mes sentiments, et dépouillez les vôtres- (Venceslas, i, 4.)

Racine a dit aussi, comme son glorieux devancier :

Sur lui, sur tout son peuple, il vous rend souveraine. (Androtn., iv, 1.)

On trouve également souverain su?' se rapportant à un nom de chose morale :

En vain certains rêveurs nous l'habillent en reine (la Raison], Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine.

(BoiL., Sai., IV, à M. l'abbé Le Vayer.)

— SOUVERAINE, subst., s' appliquant aux volontés d'une femme qu'on aime :

Vos seules volontés, mes dignes souveraines,

D'un empire si vaste auroient tenu les rênes. [Oth., iv, 1.)

STUPIDE, stupéfait, stupidas :

Je demeure stupide; Non que votre colère ou la mort m'intimide... (Cin., v, 1.)

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