TOUCHE. — TOUCHER
regagner mon gîte, je leur tournasse le dos, une certaine crainte d'être rattrapé par eux nie fit peu à peu prendre le trot, et tôt après le galop. (D. Nisard, Souv. de voyages, France, Pyrénées, § vi.)
— AUSSITÔT QUE , elliptique :
J'en cache les deux tiers aussitôt (^«'arrivés. [Le Cid, iv, 3.)
Suivant l'Académie dans ses Sentiments sur le Cid, cette façon de parler n'est pas française ; il fallait dire :
« Aussitôt qu'ils furent arrivés, etc. »
Voltaire, avec beaucoup de raison, réfute ainsi ce jugement: « Aussitôt qu'aj'rivés est bien plus fort , plus énergique , plus beau en poésie que cette expression aussi languissante que régulière, « aussitôt qu'ils furent arrivés. »
— Corneille a dit encore d'une manière elliptique :
L'autre, aussitôt que pris, se verra sur la roue. {Clit., m, 1.)
On peut rapprocher de l'emploi fait par Corneille ces autres formes elliptiques :
Docteur aussitôt que disciple, apôtre aussitôt que néophyte. (Fléch., Serm. pour la conv. de S. Paul, u.)
TOUCHE, fig., coup, atteinte :
Voici pour votre adresse une assez rude touche. {Le We/jf., v, 3.)
TOUCHER, V. a., aifecter, en parlant de la douleur :
Tous trois désavoueront la douleur qui te louche,
Les larmes de tes yeux, les soupirs de ta bouche. [Hor., v, 3.)
— TOUCHER, faire impression sur, émouvoir, exciter, toucher
LES DÉSIRS de QUELQU'UN :
J'espérois que l'éclat dont le trône se pare
Toucherait vos désirs plus qu'un objet si rare. {Hodog.. i, 5.)
On a dit d'une manière analogue :
Je ne touche ni votre inclination ni votre cœur. {M"^ de Lafayette, La l\incesse de C lèves, i.)
— TOUCHER quelqu'un d'un désir, cxcitcr un désir dans son âme :
L'amour de la gloire éternelle
Les sait si pleinement saisir.
Que leur ànie est stupide à tout autre plaisir. Et que tout ce qu'on voit de gloire temporelle
Ne les touche d'aucun désir. [Imit., ii, (5.)