TRAME. — TRANCHER
particuliorement affectionnez. D'Urfé, l'Astrée, i, 3.) — Quant à moy, je ne fis point semblant de le cognoistre, et Iraittois avec luy, comme avec tous les autres. (Id., ibid., 1, 4.) — Clievalier, luy dit-elle. S3>ez discret, chacun a l'œil sur nous; si vous traitiez de cette sorte, vous me perdrez. (Id., iùid., i, 10.) — Une manière d'agir hardie, qui l'obligeoit de traiter familièrement avec les gens de la première qualité. (Tallemant, Disc, sur Benserade.)
TRAME, ûg. COUPER LA TRAME DE, trancher les jours de :
Quelle horreur d'embrasser un homme dont Tépée
De toute ma famille a lu trame coupée. [Hor., v,3.,
— MA TRAME, SA TRAME COUPEE, pour flire ma mort, sa mort :
Et pour venger sa trame indignement coupée.
N'arboreront-ils point l'étendard de Pompée? {Sert., i, 1.)
Et tout me sera doux, si tria trame coupée
Me rend à mes aïeux en femme de Pompée. (Ibid., iii, 4.)
TRANCHANT, subst. rendre le tranchant a un gl.une, l'aiguiser :
Voyons de quelle audace Vous détachez du toit l'armet et la cuirasse, Et rendez le tranchant ù ces glaives rouilles, Que du sang espagnol vos pères ont souillés. [Victoires du roi en 1672.)
— TRANCHANT, instrument tranchant :
Quel bonheur m'accompagne à la fin de ma viel
Isabelle, je meurs pour vous avoir servie;
Et, de quelque tranchant que je souffre les coups,
Je meurs trop glorieux, puisque je meurs pour vous.(L'///mv. corn., iv,7.)
TRANCHER, avec un nom de chose pour sujet, dans le sens de couper court, mettre brusquement fin à :
Il alloit au conseil, dont l'heure qui pressoit
A tranché ce discours qu'à peine il commençoit. [Le Cid., 1, 1.)
Trancher, dans cette acception de couper court, terminer rapidement, brusquement, se trouve aussi dans Corneille, et est fréquemment employé au dix-septième siècle avec un nom de personne pour sujet :
Je ne mets point d'obstacle à vos derniers secrets,
Mais tranchez promptement d'inutiles regrets. [Théod., v, 2.)
' Triste, je trancherai ce tragique discours. (D'Aubigxé, Les Trag., n.)
Cela fut cause qu'elle trancha son discours assez court. (D'Urfé, l'Astrée, i, 2.) — Je luy en tranchoii le propos si court, de peur... (Id., ibid., i, 4.) — Je ne m'arrête qu'à deux ou trois réflexions, que je tranche en peu de paroles. iPatrd, Plaidoyers, vu.) C'est ma dernière partie que je tranche en un mot, parce que ce n'est que la suite des deux précédentes. (Boss., Serm. pour l'Ascens., ii.j — Tranchez-moi votre discours d'un apophthegme à la laconienne. (Mol., Le Mariage forcé, se. VI.)