‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 260 sur 344 · TRANCHER LE COURS · texte numérisé non relu

TRANCHER LE COURS

Et pour iranctier le cours de leurs dissentions.

Il faut fermer la porte à leurs prétentions. (D. Sanctie, i, 2.)

Il paraît y avoir ici une impropriété : on arrête, on ne tranche pas un cours ; cependant on trouve d'une manière assez analogue, trancher le chemin :

Et, si ce n'eust esté ung page

Qui nous vint irencher le chemin... {Farce du franc Archier.)

— TRANCHER DU, se donner des airs de :

Quoi ! vous tranchez ici du nouveau gouverneur? {Ttiéod., i, 2.)

— TRANCHER DES (uu subst. plur.), dans le sens de prendre, se donner les airs de :

Sur chaque occasion irancheni des entendus,

Content quelque défaite et des chevaux perdus. {Le Ment., m, 3.)

Le dix-septième siècle otfre de nombreux exemples de trancher des :

Us veulent tous trancher des nobles et quitter la vocation de leurs pères. (Sorel, Francien, vi.) — Cette multitude de seigneurs qui irenchoieni des souverains. (MÉZERAY, Abr. de l'hist. de France, prél.) — La multitude des enfans bâtards qu'eut Charlemagne, qui tranchoieni des souverains dans les terres qu'on leur avoit données pour leur subsistance. (Id., ibid., an 987. j — Ravis d'une si belle occasion de faire paroître que leur talent ne se bornoit pas à faire des vers et des billets doux, ils tranchèrent des philosophes, sans oublier qu'ils avoient affaire au beau sexe, à qui on ne doit rien présenter qui ne sente s.on homme du monde, (Bayle, Letl, sur les comètes, avis au lect.j

Depuis longtemps on ne dit plus que trancher de, trancher du. En abandonnant la forme plurielle, on a sacrifié une aisance précieuse de lanuase.

376 TRANSI. — TREBUCHER.

TRANSI. AVOIR LE CŒL'K TRA.NSl DE CUALNTE QUE... NE :

Et j'ai le cœur transi De crainie que quelqu'un ne le découvre ici. [La PI. lioii., m, 6.)

TRANSMETTRE a la vie, pour signifier donner la vie, donner le jour :

Pour moi, qu'un sang moins noble a irannnis à la vie.

Je n'ose m'éblouir d'un peu de nom fameux,

Jusqu'à déslionorer le Irône par mes vœux. 'Sert., ii, 2.)

TRAVAILLER pour, fig., avec un nom de chose pour sujet, contribuer à l'avantage de :

Prends Corbie, Espagnol, prc!,ds-la, que nous importe? Tu la rends à mon roi plus puissante et plus forte Avant qu'il en ait pu concevoir quelque ennui. Ton bonheur sert au sien, et ta gloire à sa gloire; Et s'il t'a, par pitié, permis une victoire. Ta victoire elle-même a travaillé pour lui.

[Inscript. mises sous des estampes, xvii. La reprise de Corbie.)

— TRAVAILLER (se) A QUELQUE CHOSE, se fatiguer, s'épuiscr pour l'approfondir :

Le pouvoir souverain de cet absolu maître.

Que ne peuvent borner ni les temps, ni les lieux.

Opère mille effets sur terre et dans les cieux.

Que l'homme voit, admire, et ne sauroit connoître.

Plus l'esprit s'y travaille, et plus il s'y confond. Intit., iv, 18.)

TRAVERS, subst., se laisser emporter a des travers d'auteur :

Quoique vous nommiez folies les travers d'auteur où vous vous êtes laissé emporter. {Lelt. apologétique.)

— TRAVERS, subst., traversée :

Célidée et Hippolyte sont deux voisines dont les demeures ne sont séparées que par le travers d'une rue. [Exam. de la Gai. du Pal.)

TRAVERSER, se traverser le sein, se percer le sein :

Se saisit du poignard; et, de sa propre main,

A nos yeux, comme lui, s'en traverse le sein. (Œd , v. 8.)

TRÉBUCHER, en parlant de l'orgueil, descendre de sa hauteur, s'abaisser :

De qui se rend trop tôt on doit craindre une embûche,

Ce n'est pas tout d'un coup que tant d'orgueil trébuche, [liodog-, iv, 5.)

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