VENGEANCE. — VENT
de justice, des meubles ou marchandises sur lesquelles on a un droit ou un hypothèque particulier et certain. »
VENGEANCE, prendre la vengeance de quelqu'un, venger quelqu'un :
De quoi qu'en ma faveur notre amour t'entretienne,
Ta générosité doit répondre à la mienne;
Et pour venger un père emprunter d'autres bras,
Ma Chiméne, crois-moi, c'est n'y répondre pas.
Ma main seule du mien a su venger l'offense,
Ta main seule du tien doit prendre la vengeance. {Le Cid, m, 4.)
— PRENDRE vengeance d'une OFFENSE, s'en veugei' :
Ce n'est pas qu'en effet contre mon père et moi
Ma flamme assez longtemps n'ait combattu pour loi.
Juge de son pouvoir : Dans une telle offense
J'ai pu délibérer si i'en prendrais vengeance. [Le Cid, m, 4.)
On a dit d'une manière assez particulière, prendre tant de vengeance de, pour signifier se venger si cruellement de :
Dieux cruels 1 falloit-il prendre tant de vengeance
De l'oubli d'un serment juré dans mon enfance? (Ckêb., Sémir., n, 1.)
— VENGEANCE , avcc le pluriel , dans le sens de moyen de se venger :
On trouvera pour vous quelques autres vengeances,
Quand l'humeur me prendra de punir tant d'offenses. (Au., v, 3.)
VENGEUR, subst., quelqu'un qui se venge de nous, contre nous :
Lui mort, nous n'avons point de vengeur ni de maître.
Avec la liberté Rome s'en va renaître.
Et nous mériterons le nom de vrais Romains
Si le joug qui l'accable est brisé par nos mains. (Cfn., i, 3.)
C'est là qu'est notre force, et dans nos grands destins
Le manque de vengeurs enhardit les mutins. (Sur., m, 3.)
VENIR, comme sortir., en parlant d'origine :
... Tant de rois d'où son sang est venu. [Sert., iv, 2.)
— JE ME VIENS DE VOIR, je vicus de me voir :
J'avois entre mes mains, et sa vie, et sa mort,
Et je me viens de voir arbitre de son sort. {Suite du Ment., i, 6.)
VENT. ENVOYER AU VENT, comme on dit vulgairement envoyer promener, ou envoyer se promener :
Envoyer et la dame et les amours au veni. {Suite du Ment., ii, 5.)