VOLONTE. — VOULOIR
Corneille a encore plusieurs fois employé cette expression, comme dans ces vers :
Et veut lier les mains au destin adouci.
Qui m'offre en d'autres lieux ce qu'on me vole ici. {OEd,, i, 2.)
MÉDÉE. Dun amant qui s'en va de quoi sert la parole ! HYPSIPILE. A montrer qu'on vous peut voler ce qu'on me vole, [la Tois. d'or, m, 4.)
Il souffre chaque jour que le gouvernement
Vole ce qu'à me plaire il doit d'attachement,
Et ce qu'il en étale agit d'une manière,
Qui ne m'assure point d'une âme toute entière. {Tiie et lier., i, 1.)
La plus ferme couronne est hientôt ébranlée,
Quand un effort d'amour semble l'avoir volée. (Pulcli.. ii:, 3.)
Mais ne vous aimer plus ! vous voler tous mes vœux I [Ibid., v, 6.)
Suréna, de l'exil lui seul m'a rappelé.
11 m'a rendu lui seul ce qu'on m'avoit volé.
Mon sceptre... (Sur., i;i, I.)
VOLONTÉ. ACQUÉRIR LES VOLONTES DE , gagner les cœurs, acquérir la bienveillance de ;
Mon bonheur d'ordinaire Wacquierl les volontés de la fille et du père, Si bien que de tous deux également chéri, L'un me veut pour son gendre, et l'autre pour mari, {Méd.,i, 1.)
— TOUCHER LES VOLONTES, touclicr l'csprit, le cœur :
Misérable ! je puis adoucir des taureaux; La flamme m'obéit, et je commande aux eaux; L'enfer tremble, et les cieux, sitôt que je les nomme : Et je ne puis toucher les volontés d'un homme ! (.1/e(/., m, :i )
VOULOIR, avec un nom de chose pour sujet, demander, réclamer :
Comme en un grand dessein, et qui veut promptitude,
On ne s'explique pas avec la mullilude. [Sert., v, G.î
— EN VOULOIR A, avoir des prétentions sur, prétendre à , employé dans le style noble :
Poppèe étûit une infidèle, Qui n'envouloit qn'aa trône, et qui m'aimoit moins qu'elle. (Olh ,i. 'f.\
L'élégant Quinault a dit aussi :
J'en iifiMX à votre cœur plutôt qu'à votre empire. {.Astrale, v, 2i
— SE VOULOIR MAL DE (un SUbst.) :
Je l'aime, et le dédaigne, et n'osant m'atlendrir.
Je me veux mal des maux que je lui fais soulTiir. [Tue et Bcr., i, î.)