‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 295 sur 344 · ALENTIR. — AMITIE · texte numérisé non relu

ALENTIR. — AMITIE

ALENTIR (s'), comme se ralentir :

Aux exemples cités, qui sont du seizième siècle, ajouter celuici du commencement du dix-septième :

Je pensois au repos, et le céleste feu Qui me fournit des vers s'allaniissoh un peu, Lors que le messager qui m"a rendu ta lettre Dans ma première ardeur m'est venu tout remettre.

(ThÉOPH., Élégie, Je pensois au repos, et le céleste feu.)

AMAM.

Par les listes des personnages des pièces de Corneille, le mot ornant, comme l'a observé Sainte-Palaye, paraît avoir été consacré pour désigner celui qui est aimé, différant du mot amoureux, qui désignait celui qui aime sans être aimé.

La différence qu'on établit généralement entre amant et amoureux ressort bien de ces deux phrases , qui appartiennent à des époques très- éloignées l'une de l'autre :

h'amani est celui qui est ja embabouiné de l'amour, et VamouiLUX celui qui est enclin à cette folie. [Malad. d'Amour, p. 109.) — Qu'est-ce qu'un amanl? Je ne ^ois que des amoureux. ,Prlnce de Itigne, Mélujig., t. 13, p. 333.)

AMITIÉ, pour amour :

Julie, on nous renferme, on a peur de nos larmes;

Sans cela nous serions au milieu de leurs armes;

Et par les désespoirs d'une chaste amitié

Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié. [hor., m, 2.)

Les exemples de cette signification sont très-fréquents en prose et en vers :

A madame ai pris congié

Et guerpi ai son pais,

Car veu ont nostre amitié

Félon, tant s'en sont entremis.

[Poes. ms. av. 1300, t. i, p. 31. Cité par Sainte-Palaye.) 11 y a des dames qui en leurs amiiiez nont cherché nulle fin que l'honnesteté. (Marg. d'Angodl., L'Heptam., 3'journ., prologue.) — Et devez plus que jamais craindre de recepvoir propos à'amityé, pource qu'il y en a assez qui sont tombez la seconde fois aux dangiers qu'elles ont évité la première. (Id., ibid., A' nouv.) — Pauline, de son costé, dissimuloil le mieulx qu'elle pouvoit son amitié; toulesfois . elle n'en pensoit pas moins. Geste amitié dura longuement avecq ceste espérance que le temps leur apporteroit quelque meilleure fortune. (Id., ibid., i9'nouv.)

Helas! si ma beauté n'est digne d'amitié, Pour le moins ma constance est digne de pitié.

;ScHEL.\NDR]j, Tyr et Sid., 2« journ., v, 1.)

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