ANGE. — APPRENDRE (S
Que me sert esire aymé d'elle, si d'autre coslé mon malheur ne veut souffrir que je cueille les fruicts de ïamiiié que je sçay qu'elle me porte ? (Laiiivey, Le Laquais, ii, 1.)
Madame, vous estes cruelle
De voir un amant si fidelle
Qui vous porte tant d'amilié.
Sans en prendre aucune pitié. (Godard, Les Desrjuisez , w, 1.)
Les dieux sont propices A mes sacrifices.
Puisque mon amitié La rend sensible à la pitié. (Racan, Stances.)
Après ces preuves mutuelles
De leur pure et forte amitié. (St-Amant, La Généreuse.)
lit n'esloit-elle pas bien outrecuidée de penser que l'on pust faire semblant de vous aymer, et se servir de vostre beauté pour couvrir l'amiiié qu'on luy porteroit? (D'Urfé, VAstréc, ii, 4.) — Je suis de l'avis de celui qui disoit que dans l'amour on oublioit sa fortune, ses parents et ses amis : les grandes amitiés vont jusque-là. (Pasc, Disc, sur les passions de l'amour.)
On trouve aussi amitié pour désigner la tendresse paternelle :
Quoy ! la loi de l'honneur est-elle si cruelle
Qu'elle fasse oublier l'amitié paternelle ? (Racan, Les Bergeries, iv, 4.)
ANGE (eau d'), espèce d'eau parfumée :
Un certain parfumeur vend de fort bonne eau d'unye. {La Veuve, i, 1.)
S. E. S. X. a traduit d'italien en françois recueil de plusieurs secrets trèsutiles, tant pour l'ornement que la santé du corps humain, tirez des plus excellens auiheurs tant grecs que latins, auquel est adjousté et traité des distillations, contenant plusieurs receptes à'eaux impériales d'ange, Naffe, et autres semblables. (Imprimé à Paris, in-8°, par Vincent Sertenas , 1561.) {La Bibliothèque Antoine Du Yerdier, p. 1167.)
L'édition que nous citons, et qui est la meilleure (Lyon, 1385), porte eaux d'auge, mais par une faute d'impression manifeste.
Rabelais parle aussi de Veau d'ange.
APPRENDRE (s'), comme apprendre.
Ajouter :
Ou plustost mon corps s'apprit
A vivre sans son esprit. (St-Amant, La Polonaise.)
On à dit encore de nos jours :
Dans le séjour qu'il fit à Lausanne, jeune, de seize à vingt et un ans, il s'apprit tout à fait à penser en français, a ce point que les lettres en anglais qu'il écrivait pendant ce temps sont de quelqu'un qui ne sait plus bien sa langue. (Ste-Beuve, Causer., 22 août 1853.)