ARBORER
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Arborer, employé au figuré, était une expression encore peu ancienne du temps de Corneille :
c Je n'avois jamais leu, dit Pasquier, arborer une enseigne, pour la planter, sinon aux ordonnances que fit l'admirai de Chaslillon , exerrant lors la charge de colonnel de l'infanterie, mot dont Viginelle (Vigener) a usé en VHisioire de Yillehardouin. [Les Recherches de la France, viii, 3.)
Brantôme, parlant d'un combat naval, dit :
« Fit monter le caro à l'arbre, et la flamme à la pêne, qui estoient tous signais de bataille. » (T. ii, p. 124.)
« On voit par ce passage, lit-on dans le manuscrit du Glossaire de Sainte-Palaye, que arbre est rais pour le mot mast, d'où s'est formé arborer, qui a passé de la marine à la guerre de terre. »
On lit dans l'imprimé :
« Il est probable que l'acception figurée de ce verbe est relative à la comparaison d'après laquelle le substantif ay^bre, en latin arbor, désignoit une enseigne, un étendard. On se le persuade avec d'autant plus de raison, qu'arôorer, toujours pris figurément , et jamais dans le sens propre, signifioit planter, dresser en pied , sur pied , à guise d'un arbi'e , droit et ferme; comme dans l'expression encore usitée, arborer un étendard, une enseigne. »
On trouve dans les Mémoires de Guill. du Bellay, f" 229, r», desarborer des enseignes, pour signifier les arracber.