ETEINDRE. — ÉTUDIER
ceux qui ont du mérite est recherchée de tout le monde , mais il me semble qu'on ne diroit pas fort bien, dans la signification passive, son estime diminue de Jour en four, pour dire l'estime qu'on avoit pour lui. Estime est un mot qui approche de considération; on dit fort bien : tous les honnêtes gens ont beaucoup d'estime et de considération pour lui, mais comme on ne saurait dire, sa considération diminue, pour dire la considération qu'on avoit pour lui, je ne crois pas que l'on puisse dire, son estime diminue, dans le même sens qu'on a dit, sa réputation diminue. » [Not. sur les Rem.arques de Vaugelas, DXLI.)
ÉTEINDRE, fig. :
Il éteindra ma vie, avant que mon amour. (Œd., i, 2.)
Ce latinisme se trouve dans un contemporain de notre poëte :
Puissay-je pluslosl voir tout le monde au tresp.is
Que d'esleindre ta vie et perdre tant d'appas ! (St-Amant, Moyse sauvé, xn.)
Le vieux tragique qui prépara les voies à Corneille a dit :
Tu vivrois, Hippolyte, et la mort violente
Westeindroii aujourd'hui la jeunesse innocente. (Ron. Garnier, Hippol.)
A propos de la locution éteindra ma vie, esteindroit ta jeunesse, nous rappellerons qu'on a dit éteindre un homme, pour signifier le tuer :
Salemons et Hoiaus de Nante En font morir plus de LX Roi» Gaitiers et rois Arestains
En oui assés mors et esiains. (Ph. Mouskes, Ms., p. 184.)
Et y eut bien deux cens personnes mortes elestei7ites. (Juv. des Urs , Hisi. de Charles YI, 1406.)
ÉTUDIER, neutr., avec à, suivi d'un infinitif, comme s'étudier à.
On a dit avant Corneille :
Il jugea adonc que c'estoit peu de chose, et presque rien du tout, que de s'exerciter à bien dire, qui n'cstudie à avoir la bonne prononciation et belle action quand et quand. (Amyot, Vies. Démoslh.)
On trouve plus anciennement, avec ellipse de la préposition à:
Estudions donc ces anneaulx porler avec nous, si que nous puissions la vie des bienheureux posséder. [Le Violier des llisi. rom., c. x, Moralisation )