‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 326 sur 344 · PASSER. — PEINE · texte numérisé non relu

PASSER. — PEINE

(ju'il fût question d'un pas ou d'un point, révoltèrent d'abord la raison en ilattant l'oreille; mais lorsque leur première idée fut eifacée, lorsque pas et point unis à ne, ne présentèrent plus que le non des Latins, la raison se tut, et la proposition négative acquit le degré de force qu'elle devoit avoir. »

De très-anciens textes nous offre des exemples bien curieux et bien frappants de l'emploi primitif du substantif point avec ou sans la négation ne.

Cil qui en soi a point de sens. (Alard de Cambrai, Les

D'us des Philosophes, nis., Bibl. del'Ars., Bell. lett. fr., n° 175, fol. 141, r", col. 1.)

Cil qui a point de sens, c'est-à-dire celui qui a un point, une parcelle de sens.

A la fosse vont erranment, Que il util point ii'i demorerent.

(Floire et Dlancejlor, édit. Du Méril, Append., v. 194.)

Nul point ni demorerent, c'est-à-dire n'y demeurèrent le moindre point, n'y demeurèrent aucunement.

PASSER, v. a. passer pour, tenir pour, regarder comme :

Ils passent pour tyran quiconque s'y fait maître.

Qui le sert pour esclave, et qui l'aime pour traître. {Cinna, ii, 1.)

Conformément à la leçon des éditeurs modernes, et à celle qu'avait adoptée Voltaire, nous avons mis ce verbe au singulier. Il passe pour tyran quiconque..., et nous y avons vu un exemple de l'inversion du pronom il. (Voir notre article IL.) Mais les éditions publiées par Corneille lui-même, et celle qu'a donnée son frère en 1 692, portent uniformément : Ils passait pour tyran, avec la signification que nous indiquons ici. Ils, suivant cette version, se rapporte à Romains, exprimé plus haut.

Corneille a employé dX\\e,MT& passer pour, act., avec la signification de regarder comme; et nous en avons fait un article (t. ii, p. 122], auquel nous renvoyons les lecteurs.

PEINE. FAIRE PEINE A, avcc un nom de chose pour sujet, permettre difficilement de.

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On trouve d'une manière analogue :

El toi qui plus que tous doit savoir mon histoire,

Ce noble sentiment te faii-il peine à croire? (51"» de Villed., Nilélis, i, 1 .)

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