PENSEE. — PILLAGE
— A PEINE, avec peine.
On a dit à peu près comme Corneille :
Le prince eut de tout temps l'âme fière et hautaine,
Il est audacieux, il n'obéit qu'à peine. (M"' de Villed., Niiétis, i, 5.)
PENSEE, dans le sens du latin 7nens.
Voici un exemple analogue à celui de Corneille :
Lorsqu'elle le verra sanglant sur la poussière,
Que les yeux, en mourant, les regards à l'envers,
Hideux, sans mouvement, demeureront ouverts,
Il faut que l'amitié soit bien dans la pensée
Si par un tel objet elle n'en est chassée. (Théoph.. Pijrame eiThisbé,i, 3.)
PENSER, A'. SE PENSER, comms se croire. Ajouter :
Elle se pense belle, et cette vanité
L'assure impudemment de ma captivité. {La Veuve, ii, 6.)
On a dit d'une manière analogue ;
Or advise donc, mon amy, si celuy qui se pensait estre un tout selon les hommes, ne se trouve pas à la fin selon Dieu estre moins que rien. (Tahureau, Second Dial. du Démocriiic, éd. 160-2, p. 372.)
PERCER, abs. percer jusqu'aux cieux, avec un nom de personne pour sujet, porter jusqu'aux cieux la pénétration de ses regards, de sa méditation :
Un paysan stupide, et sans expérience.
Qui ne sait que t'aimer, et n'a que de la foi,
Vaut mieux qu'un philosophe enflé de sa science
Qui perce jusqu'aux cieux sans réfléchir sur soi. (Imit,, i, 2.)
PÉRIODE, subst. masc, point le plus élevé, apogée :
Vaugelas, en observant [Rem. u) que ce mot est masculin quand il signifie le plus haut point ou la fm de quelque chose , avait donné comme exemple, monté au période de la gloire; Th. Corneille, dans ses notes, ajoute ; « On ne dit point monté an période de la gloire. Il faut dire au plus haut période de la gloii^e, comme on A\i jusqu'au dernier de la vie. »
PILLAGE, pour parler d'attentats amoureux :
Mais si j'osois me hasarder
Avec vous au moindre pillage,
Vous me feriez bien regarder
Le grand chemin de mon village. [Poés. div.. Stances )