SAUVER. — SERVIR
Réserver à, signifiait plus ordinairement attendre à, différer de :
Les autres reftervem à vivre jusques à ce qu'ils ne puissent plus vivre. (Charr., La Sag., 1. i, c. 36.] — Je viens de voir la fleur de votre brave noblesse, sire, qui réservent à pleurer leur roi mort quand ils l'auront vengé. (D'Adbigné, Hisl. universelle.)
SAUVER. DIEU ME SAUVE, espèce de serment :
Vous avez, Dieu me sauve^ un esprit à la mode. [L'illus. com., ii, 4.)
Plus anciennement on disait de même, se Diex me gart; et d'une manière approchante, m'aist Diex, se rnisi Dieux, c'est-àdire, Dieu me soit en aide.
SECONDER, dans le sens de suivre, venir après, au physique et au moral.
Ajouter cet exemple :
Obey-moy, tu ne verras au monde
Heur qui le tien d'oresnavanl seconde. (A. H,<rdy, Alcée, i, 3.)
Nous traduirions aujourd'hui ce mot par égaler , mais le fond du sens intime est toujours venir après, sequi, d'où, en étendant un peu la signification, être sur le même rang, égaler.'
SENTIR SON, suivi d'un nom de chose, pour signifier marquer, indiquer, trahir :
N'envoyer qu'un valet senliroii son mépris. [Le Ment-, iv, 4.)
Pour vivre paisiblement hors de la compaignie de tant de gens de main, sentans leur barbarie. (Fal'chet, Antiq. gaul., 1" vol., v, 4.) — Cette ambassade n'avoit pas un bon air pour des gens qui étoient aussi mal avec une personne de ma qualité qu'elles éloient : cela senioii tout à fait son insulte. (Jl"' de Mo.ntpens., Mém., 1658.}
SERVIR DE, pour signifier faire le conte de.
Ajouter :
Un prosateur, contemporain de Corneille, a dit d'une manière analogue :
D'entrée il nous sert d'une fabuleuse généalogie de la maison d'Austriche. (La MoTHE Le Yayer, Disc, de VHisi.)