‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 71 sur 344 · OUVERT. — OUVERTURE · texte numérisé non relu

OUVERT. — OUVERTURE

(Lahiv., Le Laq., i, 1.)— Monsieur, voyez, je vous prie, l'audace de ce fier ouirecuidé fid., ibid., 111, 6.) — Je n'eusse jamais pensé que tu eusse esté si volage et ouirecuidé que de faire une si lourde faute. (Tournebu, Les Coitiem, iv, 5.; — Ne les punir et ne les faire travailler, et les bien nourrir les rend superbes et ouirecuidez. (La Boetie, Les Œconom. d'Arist.) — Le baron de Soupez étoit un trèsbrave et vaillant jeune homme, mais un peu trop outrecuidé. (Brant., Des Duels.)

On a dit de même de nos jours, entre autres exemples :

J'ai su depuis que le prince de Condé avait fait offrir à ce hobereau-vicaire le préceptorat du duc de Bourbon. Le prêtre outrecuidé répondit que le prince , possesseur de la baronnie de Chateaubriand, devait savoir que les héritiers de cette baronnie pouvaient avoir des précepteurs, mais n'étaient les précepteurs de personne. (Chateaubr., Mém. d' Outre-Tombe.)

Et d'une manière analogue avec un nom de chose :

Il existe une carte de la France où la victoire outrecuidée traça, en 1816, une ligne qui retranchait de notre territoire une partie de nos provinces de l'Est et du Nord. {Chateaubr. , Capiiv. de la duch. de Berry.)

OUVERT, part, passé, ame ouverte a la douleur :

L'âme de cette reine, à la douleur ouverte,

A toute la famille imputeroit sa perte. (La Tois. dor, iv, 1.)

— PARLER AVEC UNE AME OUVERTE, comme OU àil parler à cœur

ouvert :

Qui s'expose au péri! veut bien trouver sa perte;

Et, pour vous en parler avec une âme ouverte... [PoL, ii, 6.)

— UNE ALLÉGRESSE OUVERTE, uue allégrcsse qui éclate ouvertement :

Il porte sur le front une allégresse ouverte,

Que le bonheur public fait bien moins que ma perte. [Hor,, iv, 6.)

OUVERTURE, l'ouverture du sujet, l'exposition :

La protase, où se doit faire la proposition et l'ouverture du sujet. [Prem. Disc.)

— DONNER OUVERTURE A, mettre sur la voie de, suggérer, faciliter les moyens de :

Les HoUandois m'ont frayé le chemin, et donné ouverture à y mettre distinction par de différents caracléres, que jusqu'ici nos imprimeurs ont employés indifféremment. (Préf. de : Le Théâtre de P. Corn., éd. de 1682.)

On trouve de même :

Ce peu d'exemples suffira pour donner ouverture à en trouver une infinité d'autres. (Fleury, Disc, sur la poésie, x.)

On rencontre de plus nombreux exemples de donner ouverture à, suivi d'un substantif, dans un sens analogue :

J'espere de la bonté de Dieu que ce' bon succez donnera ouverture à d'autres,

OUVRAGE. — OYEZ. ioa

qui ne lui seront pas moins avantageux. (Richel., Leti., à la duch. de Savoie.) — 11 n'y a personne qui ne voie quelles ouvertures donneroienl do telles maximes au bouleversement total de l'Église. (Boss., Leii., aux lelig. de Port-Royal.) — Je ne le dis pas de moi-même : c'est un saint évoque d'Orient qui m'a donné ouverture à cette pensée. (Id., Serm. pour une profess. prêché le jour de l'Èpiph., u.) — Si j'aperçois que le temps vienne de ne plus communiquer qu'avec Dieu seul, je vous le dirai : mais c'est à quoi je ne vois aucune ouverture ni apparence. (Id., l.eii., à M""' d'Alb. de Luynes, 25 janv. 1694.)

(le mot, dans la même signification, s'employait encore de bien des manières heureuses qu'il n'est pas de notre sujet de rapporter, mais dont l'imitation ne pourrait qu'être applaudie.

OUVRAGE. DES COLLETS d'ouvrage, des collets ouvrés :

Madame, montrez-nous quelques collets d'ouvrage. [La Gai. du Pal., i, 6.)

Cette locution d'ouvrage se joignait comme qualificatif et avec le sens de travaillé, ouvré, à beaucoup de mots, tels que bois d'ouvrage, etc. Voir Savary des Brûlons, Dict. de commerce, article

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