FACTION. — PAIX
Oyez, au dix-septième siècle, ne s'employait plus guère qu'à l'impératif, comme l'a fait Corneille dans ces vers :
Ce n'est pas tout, seigneur; une céleste flamme
D'un rayon prophétique illumine mon âme.
Oyez ce que les dieux vous font savoir par moi :
De votre heureux destin c'est l'immuable loi. [Cinna, v, 3.)
FACTION, pacte, accord, convention :
L'injure d'une paix à la fraude enchaînée,
Leï. iÎMxes paciions d'un royal hyménée,
Tremblent sous les raisons et la facilité
Qu'aura de s'en venger un roi si redouté. [Vici. du roi, tn 1667.)
Paction était autrefois préféré à pacte; témoin cette remarque de Vaugelas :
« Paa ne vaut rien du tout, pacte est bon. On dit un pacte tacite, et que les sorciers font un pacte avec le diable, mais paction est le meilleur et le plus usité, faire une paction, »
On rencontre assez souvent paction dans les tragédies du commencement et môme de la seconde moitié du dix-septième siècle :
Considérez, seigneur, qu'il n'est adresse humaine
Que pour m'ôter à vous et pour vous mettre en peine,
Après la paction qu'il vous fit arrêter,
{Subtil au point qu'il est,) le roi n'ait dû tenter. (Rotr., Laurepeis.. iv,8.)
Avec eux avant vous nos paciions sont faites;
Sous les lois de l'hymen ils nous donnent leur foi. (T. Corn., Circé,\, 7.)
Dans la seconde moitié du siècle, jjacte prit décidément le dessus, comme on le voit par cet article des Rem. nouv. sur la langue franc, du P. Bouhours :
« Pacte, Faction.
« Paction, qui était autrefois le meilleur, ne vaut plus rien. Pacte a prévalu, soit qu'il s'agisse des sorciers qui font un pacte avec le diable, soit qu'il s'agisse d'autres gens. Paction n'est plus qu'un terme de palais. »