‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 74 sur 344 · PALIR. — PARADE · texte numérisé non relu

PALIR. — PARADE

PALIR, suivi d'un régime ;

Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur,

El dans un même instant, par un eflet contraire,

Leur front pdlir (i'iiorreur et rougir de colère. (Cinna, i, 3.)

Environ une quinzaine d'années auparavant on avait dit :

Inimitable chant, admirable sonneur^

Qui tonnant nous étonne, et parlant nous fait taire,

Nous fait rougir de honte et pâlir de colère.

(Anne de Rouan, Sonnet, en tète de la 2' éd. des Trag. de D Aubig.)

PAMER, verbe neutre :

Je n'en puis plus, je pâme. [Mél., iv, 3.)

Il pâlit, il frémit, il tremble, il tombe, il pâme. [Théod., v, 8.)

Corneille dit habituellement p«mg?% comme dans le Cid, dans Horace; mais il dit aussi se pâmer, forme plus ancienne et qui se trouve seule, par exemple, dans la Chanson de Roland, de Théroulde, dans Floire et Blanceflor, etc.

Pâmer commençait à être d'un usage plus rare au dix-huitième siècle. Aussi Voltaire, à propos de ce vers fameux du Cid

(IV, o) :

Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse,

a-t-il fait cette critique :

« On ne dit pas pâmer, évanouir, mais se pâmer, s'évanouir. »

La dernière édition du Dict. de l'Acad., comme les précédentes, donne également pâmer et se pâmer.

PANNEAU, fîg. ÊTRE DANS LE PANNEAU , s'êtrc laissé prendre à un piège; tomber dans le panneau, s'y laisser prendre :

Quoique bien averti, i'étois dans le panneau, DORANTE. Va, n'appréhende pas d'y tomber de nouveau. {Le Ment., ii, 6.)

PAR, rég. indir. d'un verbe pronominal :

Dans le Menteur, tout l'intervalle du troisième au quatrième ^acte) vraisemblablement «e coH«u»îe à dormir par tous les acteurs. {Trois. Disc.)

PARADE. METTRE UN SENTLMENT EN PARADE, commc en faire parade, mettre la douleur en parade :

Faire la curieuse et la désespérée,

Paroître avec éclat mère dénaturée,

Sortir hors de vous-même, et montrer à grand bruit

A quelle extrémité mon amour vous réduit,

C'est mettre avec trop d'art la ùouleur en parade. [Penh., m, 3.)

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