PARAGRAPHE. - PARAVANT
PARAGRAPHE, un homme a paragraphe, un homme qui passe sa vie sur les paragraphes des livres de droit :
Qu'an homme à paragraphe est un joli galand ! {Le Ment., i, 6.)
PARAITRE. SE FAIRE PARAITRE, se montrer, au sens propre :
Et qui, tout aussitôt que tu t'es fait paraître.
Afin de te mieux voir s'est mis à la fenêtre. (Met., i, 4.)
Toi, pense à te guérir, et crois que pour le mieux
Je ne veux pas montrer ce perfide à les yeux :
Sans doute qu'aussitôt qu'il se feroil paraître
Ton sang rejailliroit au visage du traître. (Clil., m, 1.)
Aussitôt que Lucrèce a pu le reconnoître,
Elle a voulu qu'exprès je me sois fait paraître,
Pour voir si par hasard il ne me diroit rien. [Le Ment., iv, 7.)
— PARAITRE, en parlant de la voix :
Et que, pour donner lieu de paraître à sa voix,
De sa bizarre quinte il se fasse des lois. [Excuses à Ariste.)
PARANYMPHER avec un morceau de charron, barbouiller, écrire avec un morceau de charbon l'éloge de :
Nous rimerons au cabaret,
En faveur du blanc, du clairet,
Où, quand nous aurons fait ripaille,
Notre main contre la muraille
Avec un morceau de charbon
Paranymphera le jambon. [Poés. div., à M. D. L. Fj)
Plusieurs des dictionnaires courants donnent paranympher , dans le sens de louer, et paranymphe, dans le sens d'éloge.
PARAPHRASER de.., traduire de.., en paraphrasant :
Les pensées de la première des deux sont quelquefois trop spirituelles pour partir de personnes fort affligées; mais outre que je n'ai fait que la paraphraser de l'espagnol, si nous ne nous permettions quelque chose de plus ingénieux que le cours ordinaire de la passion, nos poëmes ramperoient souvent. {Exam. du Cid.)
— PARAPHRASER UN VISAGE, le déchiffrer :
J'épiois les occasions;
J'épiloguois nos passions ;
Je paraphrasais un visage. (Poés. div,, à M. D. L. F.)
PARAVANT QUE, pour auparavant que :
Cette soif s'éteindra : ta prompte guérison Paravant qu'il soit peu t'en dira la raison.
[Clit., V, 3, 1"' éd. jusqu'à 1644 inclus. j Paravant que je commence riens, je veulx veoyr si je suis assez suffisant pour porter le fays. (Palsgrave, Lesclairc. de la lang. franc., p. 807.)