PAREIL. — PARENTAGE
On disait aussi paravant, adv., pour auparavant :
Et rengrégea son faict plus que paravant. (J. Chart., Citron., c. -l'il.) — En ce tenips, ou peu paravant. ( Oliv. de la Marche, Mém-, i, 22.) — Troyes qui paravant se disoyt Dardane. (Palsgrave, Lesclairc. de la langue franc., p. HU2.) — Car paravant les gensvivoyent aux champs. (Id., ibid.] — ... Subjuguant toutes les nations qui paravant ne recognoissoyent point les Romains à seigneurs. (Amyot, Mes, J. Cœsar.) — En requérant et priant son enneniy de lui saulver la vie, il soubsmettoit le cœur et le corps à celuy qui paravant n'avoit que le corps en sa puissance, (Id., ibid., Compar. de Sert, avec Eum.)
PAREIL. A LA PAREILLE, dans le sens de, par un juste retour :
Qui connoissoit Othon pouvoit à la pareille
M'en donner en amie un avis à l'oreille. [Olh., iv, 4.)
— PAREIL, substantiv. mes pareils, pour signifier ceux qui sentent comme moi :
Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est bien fort. {PoL, i, 1.)
L'expression mes pareils a été critiquée à tort par Voltaire.
Corneille emploie encore cette locution pour dire ceux de mon caractère, de ma qualité :
Mes pareils à deux fois ne se font pas connoître. • [Le Cid, i, 2.)
PARENTAGE, parenté :
Là, j'ai su qu'à seize ans son généreux courage
S'indigna des emplois de ce faux parentale. (D. Sanche, v, 8.)
Ce mot est ancien dans la langue, dans le sens de parenté, extraction, noblesse :
Il est moult gentilhomme et je suis ung povre chevalier de bas parentage. (Lancelot du Lac, t. ii, fol. 63, r", col. 1.)
Des que tu fuz par ton hault parentage Fort jeune d'ans au temple présentée Tu cognoissois de vertu le plantage.
(Jehan Molinet, Les Faictz et dictz, éd. 1531, fol. 2, r».)
Marye toy au gre de ton illustre parentage pour avoir confort et support et tu parviendras à bon port. (Id., ibid., éd. 1540, fol. 267, v°.)
On trouve, dans le DicAionnaire de Cotgrave, parentage d'hanetons , pour désigner une liaison formée par l'habitude d'un commerce déshonnête.
Parentage, ipourparenté, se lit encore chez le poëte le plus correct et le plus pur du commencement du dix-septième siècle :
Si nommer en son parentage Une longue suite d'aïeux.