‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 90 sur 344 · PELADE. — PENCHANT · texte numérisé non relu

PELADE. — PENCHANT

longue pérégrination, le roy de Navarre lui donna, pour toute gratification, son portrait, au bas duquel il écrivit ce quatrain :

Ce prince est d'étrange nature; .

Je ne sais qui diable l'a fait,

11 récompense en peinture

Ceux qui le servent en effet. (Agr. d'Aubig., Mém., an. 1577.)

Le double sens de ces vers est facile à saisir.

PELADE, s. f. GAGNER LA PELADE, dit, par un jeu de mots, pour signifier devenir pelée, râpée, en parlant d'une robe :

Pressé de créanciers avides,

Mes coffres sont tellement vides

Qu'étant au bout de mon latin,

Ma robe a gagné la pelade.

Et ma bourse, encor plus malade,

Se voit bien proche de sa fin. (Poés.div., Mascar. des •nfants gâtés.)

PENCHANT, subst., fig., cours, direction :

Seigneur, dans le penchant que prennent les affaires,

Les grands discours ici ne sont pas nécessaires. {Au., i, 2,;

— PENCHANT, inclination, penchant vers, inclination pour :

Et si vers toi Pompée a le moindre penchant, Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance, Et la triste Emilie est morte en accouchant. {Sert., v, 2.)

— DANS LE PENCHANT DE l'age, commc SU7' le penchant de fâge :

Le second, je l'avoue, avoit un grand courage.

Bien qu'il parût déjà dans le penchant de l'âge. (Œd., iv, 4.)

— PENCHANT, adj., qui décline, âge penchant :

Rendez-vous comme lui digne de ce dépôt,

Que son âge penchant vous remettra bientôt. {Pulch., v. b.j

On a dit d'une manière analogue, avec un nom de personne :

Quand nous nous voyons penchants sur le retour de notre âge. (Bos.s., Panég. (le S. Bernard, i. )

— État penchant. État qui est sur le penchant de sa ruine :

0 mon fils ! ô ma joie ! ô l'honneur de nos jours!

Oh ! d'un État penchant l'inespéré secours! [Hor., iv, 2.)

— MÉRITE penchant, mérite qui décline :

Allez, seigneur, allez où tant d'orgueil aspire,

Honorie a pour dot la moitié de l'empire.

D'un mérite penchant c'est un ferme soutien.

Et cet heureu.v éclat efface tout le mien. {litt., ni, 2.)

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