CHALEUR POUR LA GLOIRE
Souffrez qae pour la gloire une chaleur égale,
D'ane amante aujourd'hui vous fasse une rivale.
Le ciel offre à mon bras par où me signaler ;
S'il ne sait pas combattre, il saura m'immoler;
Et si cette chaleur ne m'a point abusée.
Je deviendrai par là digne du grand Thésée. (CCc/., ii» 4.)
— LA CHALEUR DE l' ATTENTION :
Le moindre mot que j'en eusse laissé dire , pour en prendre soin , eût rompu toute la chaleur de t attention, et rempli l'auditeur d'une fâcheuse idée. {Exam. du Cid.)
— DANS LA CHALEUR DES ARMES, comme, dans la chaleur du combat :
Ayez l'œil sur le roi dans la chaleur des armet,
Et conservez son sang pour épargner mes larmes. [Pomp.t iv, 5.)
— CHALEUR, au fig., avec le pluriel:
Modérez ces chaleurt de votre Mpri'i jaloux,
Prenez des sentiments plus justes et plus doux, [la Tois, dOr^ iv, 3.)
Seigneur, vous pardonnez aux chaleurt de son âge. {Nicom,, ii, 3.)
« Chaleurs de son âge^ » mauvais terme, » dit dédaigneusement Voltaire.
Nous dirons, au contraire, « chaleurs de son âge^ » expression très-poétique, comme « ces chaleurs de votre esprit^ » que Voltaire n'a pas repris, uniquement peut-être parce qu'il n'a jugé digne d'aucune note la tragédie où se trouve cette alliance de mots. Il faut d'ailleurs remarquer (\}x'esprit est ici, comme souvent chez Corneille, employé dans lé sens d'awiwi«. V. notre article esprit.
En prose comme en poésie, c/ialeur s'emploie parfaitement au pluriel dans ses divers sens figurés :
Les chaleurs de mon enthousiasme. (D'Aub., Trag., v.) — Je ne saurois nier que, lorsque j'étois jeune, je n'aie eu les chaleurs de folie qu'ont les jeunes gens ; mais ce n'a jamais été jusques à pouvoir aimer une femme qui ne me rendit la pareille. (Malh., Le«., à Bacan.) — S'il étoil permis d'imiter ici vos chaleurs, j'aurois bien plus de sujet que vous de dire que.... (Arn., De la friq. comm., ii, 9.) — Attaché à ses sentiments par persuasion et non par caprice, souvent con> traire aux avis des autres, parce que souvent ils étoient injustes ou déraisonnables, conservant toujours dans les chaleurs et dans les vivacités de son esprit la bonté et la tendresse même de son cœur. (Fléch., Or, fuit, de Montaus*, m.)
A vous poursuivre épuiser mes chaleurs.
Pour vous ravir quelqu'une de ces fleurs
Qu'à pleines mains, pour tant d'autres avares,
Vous prodiguez aux Chaulieux, aux La Fares.
(J.-B. Rouss., ÊpU,, 1. 1, aux Muses.)