‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 114 sur 389 · CHAMP. — CHANGE · texte numérisé non relu

CHAMP. — CHANGE

On a dit de même de nos jours :

M. BichoDd des Bras et M. Dachâtel , le premier calme comme l'ionocence, le teeonà indigné comme la vertu, ont fait tomber toutes ces chaleurs* (L. Ybcill., Mélang.f 20 janv. 1848.) — Emporté par de puériles ckaUurt de colère. (Id., ibid.)

Corneille a encore employé chaleur au pluriel, dans un sens

ironique :

Quand vous m'avez reproché mes vanités , et nommé le comte de Gormas un capiian de comédie, vous ne vous êtes pas souvenu que vous avez mis un a qui lUj au-devant de Lygdamon^ ni des autres cAa/^urt poétiques et militaires qui font rire le lecteur presque dans tous vos livres. {Uit. apohg.)

CHAMP. DONNER LES CHAMPS, comme on dit donner la clef

des champs :

Je chasse un fugitif avec trop de raison.

Et lui donne lu champs quand il rompt sa prison. (La PI, Roy,, ii, 3.)

CHAMPTOURNÉ, chantourné, évidé en dedans :

Trois vases qui portent, l'un des orangers, et les deux autres diverses fleurs en confusion, champtournées e\ découpées à jour. (La Tois.dOr, i, décor, du l'^acte.)

Cette orthographe dément Tétymologie de xavOrfç , coin, qu'on donne quelquefois à ce mot.

CHANGE, pour changement^ en parlant des sentiments :

Nous leur ferons bien voir que leur change indiscret

Ne vaut pas un soupir, ne vaut pas un regret. [MéL, m, 5.)

Pourquoi m'aigrir contre elle? En cet indigne change,

Le heau choix qu'elle fait la punit et me venge. [La Veuve, m, 3.)

Sinon, faites état qu'il va courir au change. {La Suiv., i, 8.)

Ne meurs pas, chère épouse, et dans nn second change

Vois l'effet merveilleux où u vertu me range. (L'Illus., v, 3.)

N'appelle point amour un change inévitable.

Où Creuse fait moins que le sort qui m'accable. {Méd., m, 3.)

Mon honneur offensé sur moi-même se venge,

Et vous m'osez pousser à la honte du change! (Le Cid, m, 6.)

Quoi! vous appelez crime un change raisonnable? {Hor., i,S.)

Contentez-vous de voir que mon frère aujourd'hui

L'estime et l'aime assez pour le loger chez lui,

Et d'apprendre de moi que mon cœur se propose

Le change et le tombeau pour une même chose. [La Suiu du Ment,, v, 5.)

Et mes ardents souhaits de voir punir son change,

Assure ma conquête à quiconque me venge. [Perth-^ ii. 1.)

Ce mot, dans ce sens, était très-ancien dans la langue, et a été usité longtemps encore après Corneille, mais surtout dans le style familier :

Femme sans cneur, qui ne se peut tenir d'aller au change. (Cl. Mar.. Rond, de ctlug de qui tamye afaict nouvel amy.)

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