‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 115 sur 389 · U CHANGE. — CHANGER · texte numérisé non relu

U CHANGE. — CHANGER

Aux courtisans n'y a point d'amour :

Ils vont au change chaque jour. (Com. de Cham^, u, 2.)

A quelle autre beauté pourrois-je aller au change? (Bac an, Berg,, égl.) C'est par le change Que Ton se venge D'un époux qui n'est pas constant.

(Danc, Prol. et divert, nouv. pour Circé.)

— Corneille emploie change pour changement dans d'autres cas, comme change de nom, ou change absolument :

A l'intérêt du sceptre aussitôt attaché,

Il agit d'autant plus qu'il se croit bien caché,

Et s'ose imaginer qu'il ne fait rien paraître

Que ce change dj nom ne fasse méconnaître. [D. Satiche^ ii, K

Puisque chacun, dit-il, s'échauffe en ce discord,

Consultons des grands dieux la majesté sacrée,

Et voyons si ce change à leurs bontés agrée (Hor., m, 2.)

On trouve d'une manière analogue :

Le change des saisons.

(Malh., Stance* pour Alcandre au retour d'OronleA 0 que nos fortunes prospères Ont un change h'ion apparent I 0 que du siècle de nos pères

Le nostrc s'est fait différent ! (Id., Odes^ 1- 2. Sur Vaiiente, etc.)

Pour moy, comme une humble brebis.

Je vais où mon pasteur me range, El n'ai jamais aimé le change Que des femmes et des habits. (Racam, Êpigr., à M** Desloges.)

— HENDRE SOK CHANGE A QUELQU'UN, comme o:i dît rendre le change :

Au lieu de la dupei avec ce feint amour.

Elle-même le dupe, et lui rendaul son change^

Lui promet un amoui qu'elle garde à Florange. [La Veave, ii, 5.)

Approchez, Liriope, et rendex-tui son change. (Àndrom., ii, 2.)

Dom Pèdre en vint aux reproches et aux menaces. Le roi lui rendit bientôt son change^ et lui dit que si le roi d'Espagne continuoil ses attentats, il porteroit le feu jusque dans l'Escurial. (Pkrép., Hist. de Henri /K, 3* p., 1608 )

CHANGER, act., au nior., faire changer, avec ou sans rég. indirect :

Mais comme avec le temps il pourroit vous séduire,

Et vous changeant d'humeur, me forcer à vous njiire.

J'ai voulu vous parler pour vous mieux avenir

Qu'il seroit malaisé de vous en garantir. (ThéoJ., u. 4.)

Oui, l'honneur qu'il me rend ne fait que m'ouirager;

Je \ou3 le dis encor, rien ne peut me changer. \PtnA,, i, 1.)

Quoil madame, la perdre est-ce gagner Placide?

Croyez-vous que sa mort le chjnye ou l'intimide? [Théod,, u, C.)

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