‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 137 sur 389 · CONSENTIR · texte numérisé non relu

CONSENTIR

moins absolument que le célèbre auteur du t'ommmitaire : « Consentir est quelquefois actif; alors il n'est guère d'usage qu'au palais et dans le langage diplomatique. » L'emploi de comentir, comme verbe actif, dans le sens de souffrir, permettre, est assez fréquent chez des auteurs dont le style n'a pas coutume d'être «mtaché des barbarismes du barreau.

Notons d'abord que Corneille a dit encore :

Trop heureux accident si la terre entr'oaverte .

Avant ce jour fatal eût coiuemi ma perte. {Mil., v. 2.)

L'amitié le eomeiH si Tamoar l'appréhende. iH^doff., iv, l.<

^ Aussi bien que Neptune

JnnoD cotuentira notre bonne fortune. ^Andnom.t v, 3.)

Consâas-4a qu'on diffère, bonoeor, le conMJu*tu? i(^anGA«, ii, 3.i

N'est-ce point que le ciel ne consent qu'avec peine Cette triste union d'un sujet à sa reine. [Ihid., m, 5.)

Vous m'en dites assez pour mériter ma haine, Si je laissois agir les siBntimcnts de reine. Par un trouMe secrM je les sensconfondas. Parlez, jo le consent, et ne les troubles plus. (làid,, iv, 5.)

Voltaire, ayant dédaigné de faire auduaie remarque sur ie troisième comme sur le quatrième acte de Don Saiiehe, n'a pas relev/; ces derniers barbarismes :

Mais, seigneur, le valet, t&chez de pressenlir

Ce qu'en votre faveur il pourroit consentir. (Açés,, ti, 1.)

Corneille dit encore, parlant de ses premiers poèmes :

' J'aurois laissé périr entièrement ceux-ci, si je ti'eusse reconnu que le bruit qu'ont fait les derniers obligeoît déjà quelques curieux à la recherche des autres, et pourroit être cause qu'un imprimeur, faisant sans mon aveu ce que je ne voulois pas consentir^ ajouteroit mille fautes aux miennes. [Préf. des ceuvr.de Corn., V p., 1644, pet. in-lï.)

Notre grand poëte est toujours dans la tradition ancienne et constante de la langue :

Qui en gieu entre, le gieu doit consentir, €4 l'on doit bien grever «oo anemi.

( Garin ie i.oJi€r.. fL* chaiM., xxxv, âd. P. P,) Or iront tuit ensamble, li viel et li enfant, Le chemin vers Luiseroe, «e diex le k)r consmtt.

{Gui de Bourg., bibi. elzév., v. 3448.] Ja fusmes nos nez en un jor, fit ea an jor devions morir.

Se Diex le voUist consaitiir.

(floire et Blanceflor^ éd. du Hér., v. 1534, 2* vers. )

Ce seroît trop dure chose pour nous si nous consentions ce que vous dites.

(Froiss., Chrottiq., Rééd. de Calais.) — Si voulez consentir la trêve. (R. i^b €«l-

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