‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 158 sur 389 · COURROUX. — COUTUME · texte numérisé non relu

COURROUX. — COUTUME

COURROUX, avec le plur. :

J*ai voulu vous baïr dés que j*ai su ce don;

Mais à de tels courroux Vkme en vain se conGCf

À peine je vous vois, que je vous justifie. (Tite et lUr,^ m, 5.)

Ces courroux affectés que Tartiflce donne

Font souvent trop de bruit pour abuser personne. {Sur,, v, 3.)

Cet emploi se trouve souvent, antérieurement à Corneille :

Tu me donnes bien des courroux, (Farce du itonv. Marié,)

Cela évite maints courroux. [Farce de la Résurr, de Jeb, Landorre,) D'un regard, qui respire mercy.

De vos courroux tempérez la menace. (Dbspobtbs, Sonn.)

Plus cruel en ses plaisirs qu'il n'est en ses courroux, (Motin, Poé$.) Ames dessous l'autel victime des idoles,

Je pieste à vos courroux le fiel de mes paroles. (D'Adb., Lee Trag., iv.) Je craignais ses attrait3, ses ris et ses courroux, (Rbgnibr, ÉUg., m.) ' Certes, vous êtes bons; et combien que nos crimes Vous dunnent quelquefois des courroux légitimes, Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours.

Us l'obtiennent toujours. (Malh., Stanc, pour M. de Belleg., 1618.) Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes,

Sont des marques de son amour. (Id., St, epirit,, 1619.)

Et de tes courroux légitimes

Pnnys ces lascbes imposteurs. (Racan, Psaume vu»)

Leurs animositez ne se plaisent ailleurs

Qu'aux matières de pleurs.

Que tes justes courroux me rendent si communes. (Id., ibid,, zxxvii.) Hais, seigneur, dans tes chastimens,

Tes courroux toni trop véhémens. (Id., ibid,, xzxviii.)

Et que tes courroux attendris Donneront à ma pénitence Ce qu'ils refusent à mes cris. (Id., ibid,, ci.)

COUTUME. AVOIR DE COUTUME, comme avoir coutume :

Ce théâtre horrible fait place à un plus agréable. C'est le désvrt, où Hédée a de coutume de se retirer pour faire ses enchantements. (La Toit, dor, décor, du 4« acte.)

On a dit de même avant Corneille :

Avant que le bon seigneur roy se couchast, il avoit souvent de coustume de faire venir ses enfans devant lui. (Joinv., Vie de S, Louis.) — Beaulté ne me meut point à vous amer, laquelle a de coustume à esmouvoir les autres. ( Le Livre de Droitus, Bibl. elzév., iv.)

Je ne craindray plus les gensdarmes

Comme avoys de coustume. (Farce de Pemei qui va au vin,)

Les bourgeoises de ceste ville, qui ont de coustume de voir un nombre infini de

jeunes godelureaux qui y vont estudier en médecine. (La grande division arrivée

entre les femmes et les filles de Montpellier, 1622, in'S. YarUt, hist. et lia,, t. tu.} —

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