‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 183 sur 389 · DÉSAVANTAGE. — DESCENDRE · texte numérisé non relu

DÉSAVANTAGE. — DESCENDRE

DÉSAVANTAGE, avec le plur., en parlant d'un général qui a eu le dessous dans un combat :

J'apprends plus contre voas par mes désavantagée.

Que les plus beaux succès qu'ailleurs j'aie emportés

Ne m'ont encore appris par mes prospérités. (Sert., m, 1.)

DÉSAVOUER DE, suivi .d*un subst., ou d*un mot en tenant la place :

Non/non, vous le verrez demain au sacrifice,

Par le choix que j'attends couvrir son injustice.

Et par la peine due à son propre forfait,

Désavouer ma main de tout ce qu'elle a.fait. {OEd , ▼, 5.)

D'un choix que vous m'aviez vous-même tant loué

Votre cœur et vos yeux vous ont désavoué. {^gés., n, 1 .)

De même avec le pronom personnel :

Mais, sous des noms divers à soi-même contraire.

Qui conserva le fils attente sur le père ;

Et, se désavouant <i'un aveugle secours,

Sitôt qu'il se connolt il en veut à mes jours. {HéracL, iii, 2.)

Voltaire fait suivre ces deux derniers vers de cette critique :

< Cela n'est pas français; on désavoue un secours qu'on a donné, on dément sa conduite, on se rétracte, etc., mais on ne se désavoue pas. Désavouer n'est point un verbe réciproque, et n'admet point le de. »

Il faudrait dire seulement que cet emploi est rare, et on a parfaitement pu emfloyer désavouer de^ comme on a fait avouer de,

DESGENDRE, descendre en un combat :

Aussitôt que Persée a pu voir sou rival :

Descendons, a-t-il dit, en un combat égal. {Androm,, v, 5.)

« Je ne ferai point ici de remarques, dit Voltaire, sur cette phrase qui n'est pas française : « Descendons en un combat. »

« Descendre en un combat » est dit ici comme : Descendre dans la lice, par conséquent est parfaitement français. Toujours Corneille a un sentiment tout autrement profond et vif de la langue que ne Fa Voltaire.

— desgendre, couler, en parlant de pleurs :

Ses pleurs ne se sauroient empêcher de descendre.

Et j'en aurois pitié si je n'aimois Lysandre. {La Gai. du Pal,, ni, 0.)

— DESGENDRE, fig. ct abs., s' abaisser au-dessous de son rang :

DiRCX. Je vous ai déjà dit, seigneur, qu'il n'est pas roi. CBDiPB. Son hymen, toutefois, ne vous fait point descendre.

DESCENTE. — DESENFLER. 489

S'il n'est pas dans le Irdne, il a droit d'y prétendre, Et comme il est sorti du môme sang qne vous, Je crois vous faire honneur d'en faire votre époux. oiRCK. Vous pouvez donc sans honte en faire votre gendre.

Mes sœurs, en l'épousant, n'auront point a descendre. {Œd., i. 4.)

— DESCENDRE jusqu'a, suivi d*un infinitif:

Si je m» descendu jusqu'à vous abuser,

Un juste désespoir m'auroit fait plus oser. [OEd,, m, 1.)

— DESCENDRE AU-DESSOUS DE QUELQu*UN, être ravalé au-dessous de lui dans l'opinion :

n n'a pas tenu à vous que, du premier lieu où beaucoup d'honnêtes gens me plaeent, je ne sois descendu au-dessous de Claveret. (LeM. apotog.)

— DESCENDRE, avec un nom de chose pour sujet, s'abaisser :

L'amour que j'ai pour vous hait ces molles bassesses

Où d'un sexe craintif descendent les foiblesses. {Perth,, iv, 5.)

— FAIRE DESCENDRE, fig., abaisser, humilier :

C'est avoir beaucoup fait, que à*avoir jusque-tà

Fait descendre C orgueil des héros de Sylla. {Sert,, i, 2.)

— DESCENDRE, faire pénétrer, en parlant de sentiment :

Que de sujete de craindre et de désespérer,

Sans que mon triste cœur en daigne murmurer!

A chaque occasion le ciel y fait descendre

Un sentiment contraire à celui qu'il doit prendre. [Ctn., iv, 4.)

DESCENTE, action de descendre, faire une horrible descente DE :

Quand il falioit calmer toute une populace.

Le sénat n'épargnoit promesse ni menace.

Et rappeloit par là son escadron mutin

Et du mont Quirinal, et du mont Aventin,

Dont il aurait vu faire une horrible descente.

S'il eût traité longtemps sa fureur d'impuissante. {Nieom.f v, 1.)'

— DESCENTE, action de couler en descendant :

Que le dieu de la Seine a d'amour pour Paris I

Dés qu'il en peut baiser les rivages chéris,

De ses flots suspendus la detcenu plus douce

Laisse douter aux yeux s'il avance ou rebrousse. [OEuvr, div.)

DÉSENFLER, fig. désenfler son ame, faire cesser Fenflure de son âme, comprimer les gonflements de son orgueil :

Fais que contre toi-même un saint zèle l'^flamme

D'une juste indignation. Pour étouffer soudain ce qui naît dans ton àme

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