‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 184 sur 389 · DÉSESPOIR. — DÉSISTER · texte numérisé non relu

DÉSESPOIR. — DÉSISTER

De Boperbe et d'ambition ; Désenfte-\sL si bien qu'elle soit tonjoars prèle

A voir que chacun sur sa tète Par un dernier mépris ose imprimer ses pas. (/eiil., m, 13.)

DÉSESPOIR, avec le pluriel :

De mille diseêpoirt mon cœur est assailli. {Im PL Roy., ii, 3.)

La maladie de Flavie, sa mort et les violences dee diiespoirs de sa mère qui se venge, ont assez de justesse. (£«aiii. de Théod,) — Le grand effort d'esprit qu'il avoit fait à peindre les désespoirt de ce monarque, {ihrem. Duc) — Ses remords en auroient été plus animés et ses ditespoirs plus violents. (Deux, Disc.)

Et par les désespoirs d'une chaste amitié,

Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié. [Hor,, m, %)

€ On n'emploie plus aujourd'hui désespoir dM pluriel; il fait pourtant un très-bel effet, observe justement Voltaire. Mes déplaisirs y mes craintes, me$ douleurs, mes ermuis^ disent plus que mon déplaisir, ma crainte, etc. Pourquoi ne pourrait-on pas dire mes désespoirs comme on dit mes espérances? Ne peut-pn pas désespérer de plusieurs choses, comme on peut en espérer plusieurs? »

On a dit, comme Corneille, au dii^-sçptiëme siècle :

La Vallière eut des jalousies et des désesgoir^ inconcevables. (M"*dbLap. , HUt. d'Henri dtAngL, 3» p.. 1662.)

On a su , de nos jours , reprendre cet emploi si heureux et si nécessaire :

J'essayais alors de la consoler, et l'instant d'après je m'abtmais dans des désespoirs inexplicables. (Chat., Mém, d'Otare~tombe») Les séparations et les longs désespoirs N'ont-ils pas éclairci, dis-moi, ses cbeveux aolFA?

(Laiubx., Joeeiif», 6* époque.) Ces lieux de nos bonheurs et de nos désespoirs. Où le drame divin de tout notre jeune &ge

Avait à chaque site attaché son image. (Id., iàid,,, 9* époque.)

Et dans ses désespoirs, dont Dieu seul est témoin, S'appuyer sur Tobstaclo et s'élancer plus loin. (Id., Harm., ii, 7.)

DÉSHONORÉ, avec un nom de chose :

Par cet illustre soin mes ver» déshonorés

Perdront ce noble orgueil dont lu les vois parés,

Si dans mon premier rang ton ordre me ravale. {Heq. à Louis XiV.)

DÉSISTER DE, neut., suivi d'un substantif ou d'un mot qui en tient la place :

Quand on a commencé d'en suivre la bannière (de la croix),

n ne faut plus en désister. (Imii., ni, 5.)

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