DÉTRUIRE. — DEVANT
DÉTRUIRE, fig. :
Le droit des rois consiste à ne rien épargner.
La timide équité détruit l'art de régner. {Pomp,, i. 3. )
— DÉTRUIRE, avec le pron. pers. , se perdre :
Gomme si par ses dons il pouvoit me séduire,
On qu'il pût m'accabler^ et ne se point détruire. ' {Sur., v, 2.)
On disait d'une manière analogue, y^ suis détruit, pour je suis perdu :
ie suis femme deslruictet puisque mon cas est si manifeste, que tant de gens le sçavent et en devisent! {Les cent Nouv. du roi Ijiuis XI, xxvi.) — S'il me trouve, je suis destruit, {Farce d'un amoureux.) -^BélSiSl je suis détruit , je suis perdu, je suis ruiné! (Lariv., Com. des Esprits,in, 6.)
DETTE. DÉNIER ET CONFESSER LA DETTE, nier et avouer en même temps :
C'est dénier ensemble et confesser la dette, [LIUus. com,, ii, 8.)
DÉVALER, neut. et fig., descendre :
Qui ne montera point au rang dont je dévale.
Qu'en épousant ma haine, au lieu de ma rivale. (fiocf., ii, 2.)
On a dit de même :
Jamais homme qui est monté où je suis, n'en dévala que par force. {Sot, Mén.t Har. de M. ie lieuten.)
Dévaler s'employait pour descendre, tomber y dans le style noble, au propre comme au fig. :
La gresie ne la nége
N'ont tels lieux pour leur siège,
Ne la foudre oncques là
Ne dévala. (Rons. , De V Élection de son sépulcre,)
DEVANCER quelqu'un en , l'emporter sur lui en :
S'il précéda Philiste en vaincs dignités,
Philiste ledetmnce en rares qualités. {La Veuve, ii, 3.)
DEVANT, comme avant, préposition ou adverbe :
Don Fernand étant le premier roi de Castille, et ceui qui en avoient été maîtres devant lui, n'ayant eu titre que de comtes. [Exam. du Cid.) Et lors ne pense pas, quoi que tu te proposes, Que de tes volontés devant lui tu disposes. Prépare tes dédains, arme-toi de rigueur. Une larme, un soupir te percera le cœur ; Et je serai ravie alors de voir vos flammes Brûler mieux que devant, et rejoindre vos âmes. [La PI. Roy., u, 4.)