DONT. — DOUBLE
On à dit encore au dix-huitième siècle , en consultant principalement Teuphonie :
Les montagnes dent il descend. (Bupp.) — II me faut une maison agréable dont je ne sorte guère, el où Ton vienne. (Volt.)
Souvent, dans le langage rustique, dont est mis pour d^oît. Par exemple : « D'mande-lui Tpays dont i vient, pour : Demande-lui le pays d'où il vient.» (Em. Agnel, Observ. sur la prmonç. et le long, rustiq, des environs de Paris ^ p. 93.)
L*étymologie de unde justifie tous ces emplois.
— DONT, elliptique, pour ce dont, une chose dont^ de quoi :
C'est dont je ne veux point de témoin que Yalôre. [iior., v, 3.)
Voilà dont le feu roi me promit récompense. (D, Sanclie, i, 3.)
« Voilà dont est un solécisme, dit Voltaire ; iï faut, « voilà les services, les exploits, les actions dont, etc. » Cette forme elliptique est certainement irrépréhensible en vers , et Corneille a pu dire encore :
Et c'est dofit je me plains. {Suite du Ment,, iv, 2.)
C'est dont vos seuls avis se doivent consulter, • Trop heureux, quant à moy, de les exécuter. {La Veuve, ii, 4.)
Hais qu'il m'y donne part, c'est dont j'ose douter. {Puieh , i, 3.)
Et c'est dont je vous donne avis en bonne sœur. {Penh., i, 2.)
Ces charmes attirants, ces doux je ne sais quoi, Sont des biens pour tout autre aussi bien que pour moi ; Et c'est dont un beau feu ne se contente guère. {Sonn.)
On trouve de même :
Et c'esidont je me plains. (T. Gorn., Théod., i, 2.)
Et par une ellipse analogue :
Hais il n'en est pas de même des corps à ressort, quelque durs qu'on les suppose. Dont la raison est que ces sortes de corps ne communiquent leur mouvement que successivement. (Halbbr., Loix de la commumeation des mouvements, ii, 21.)
Dont se prête à une autre sorte d'ellipse très-commode pour
la poésie :
Et mon âme inquiète, Ne trouvait rien dont estre satisfaite. (Voit., Êtégie.)
— Corneille a encore employé dont d'une manière ellipMfeiue
pour signifier avec quoi :
Voici qui va trancher tes soucis superflus,
Voici dont je vais rendre, aux dépens de ta vie,
Et ma flamme vengée, et ma haine assouvie. (C/ii., i, 8.)
DOUBLE, adj. un esprit si double :
Il fa vt jouer au fin cdntre un esprit si double, <La Veuve, \, 4.)