‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 210 sur 389 · ÉCLATANT. — ÉCORCE · texte numérisé non relu

ÉCLATANT. — ÉCORCE

— METTRE EN TEL ÉCLAT, fig., faire tellement éclater, briller :

La guerre en tel éclat a mie votre vaiear

Que je tremble pour Albe, et prévois son malheur. {Hor., i, 3.)

— METTRE EN ECLAT, mettre dans une position brillante ^

Je lui dis qu'en éclat y avais mis voire vie, . Et lui cachai toujours mon ooip et ma patrie. {Œd., v, 2.)

L'expression parait singulière.

Corneille dit d'une manière plus particulière encore, mettre EN icLAT UNE GRANDE JOURNÉE, pour signifier la célébrer avec pompe :

Allons mettre en éclat cetu grande journée,

Et montrer à ce peuple heureusement surpris

Que des hautes vertus la gloire est le seul prix. {PerUt,, v, 5.)

— Avec le plur. faire de tels éclats, briller avec tant d'éclat :

Et partout votre gloire a fait de uU éelau,

Que les filles de roi ne vous manqueront pas. (5«r., i, 3.)

Le poète emploie aussi éclat avec le pluriel, pour signifier action éclatante :

C'étoient de vains éclata de générosité,

Pour rehausser ta gloire avec impunité. [Perth., v, 3.)

Racine à dit au singulier dans le sens de signe éclatant :

D'un amour qui s'éteint c'est le dernier éclat. [Àndrom.f ii, 5.)

— Corneille dit aussi au singulier, faire de l'éclat, pour signifier éclater, se montrer avec force :

Ces paniques terreurs pour ta gloire flétrie ^ *

Nous déguisent en vain l'honneur de ta patrie.

L'impatiente ardeur d'en voir le doux climat

Sous ces fausses couleurs ne fait que trop d^ éclat, (La Tois. dory ii, 3.)

ÉCLATANT, adj. y. retentissant :

Nous nous levons alors, et tous en même temps

Poussons jusques au ciel mille cris éclatants. [U Cid^ iv. 3.)

ÉCLATER, fig., comme briller , mais avec l'idée d'un plus vif resplendissement :

Quoi ! pour voir sur sa tête éclater ma couronne? {Pomp., n, 4.)

ÉCORCE, fig., extérieur, apparence, voir tout par l'égorce.

Le peuple qui voit tout seulement par Véeorce

S'attache à son effet pour juger de sa force. {Uor», y, it.)

Page 1